Alexandre … Le grand.

Si j’avais eu l’occasion d’écrire à Alexandre Astier avec l’assurance d’être lue, je lui aurais dit …



Cher Monsieur Astier,
Tout d’abord, bonjour. 
Bonjour et merci. Cette lettre n’a autre but que de mettre à votre connaissance le plaisir artistique que vous m’avez procuré au cours de ces années Kaamelott.
Bien sûr, comme tous vos fans, j’ai apprécié de suivre vos histoires, de m’insérer dans les dédales obscures du cerveau fêlé du roi Arthur et de ses « grands » chevaliers de la Table Ronde et aussi d’avoir la possibilité, dans une société plus regardante sur le marketing et la rentabilité, d’assister au nouveau souffle de vie donné à la matière bretonne. 
Termes de Lettres moderniens mis de côtés ( je sais que vous avez tendance à vous méfier de notre littératurité angoissante, englobante et pédante ), je tenais à vous faire savoir, cher Monsieur Astier, que j’ai atteint l’extase en votre compagnie. J’y reviendrai plus tard…
Je pourrais faire une jolie dissertation dont la problématique serait : comment, dans un monde de plus en plus branché sur la couleur du string de Kim Kardashian, Alexandre Astier, compositeur, acteur, scénariste et geek français a-t-il pu, par son décalage, remettre au goût du jour des thèmes qui relèvent purement et simplement l’âme humaine ?
Bon, sans passer par les trois phases de développement, permettez moi d’en venir directement à ma conclusion : les dialogues ! Merci, merci, merci d’avoir enfin enlever les petites musiques qui tuent  les dialogues dans les créations audiovisuelles en général ! 
Vous savez, on peut comparer les dialogues à l’acte sexuel. C’est en cela que vous m’avez permis, moi petite littéraire frigide à la cinématographie française, d’accéder enfin au nirvana dans ma propre langue.
Quand on regarde un film américain, nous, Femmes, savons tout de suite qu’ils font bien l’amour. Ceci grâce aux dialogues. Ils savent jouer avec nous, tenir notre tension, aller droit au but. Regardez, prenez n’importe quel Tim Burton : les dialogues sont lisses, épurés et ne manquent pourtant pas de fantasie. ( Johnny Depp ? Quoi Johnny Depp ?! Un détail, je vous dis ! ) 
On ne sait plus faire l’amour car on ne sait pas parler. Mots trop longs, trop difficiles à prononcer, que sais-je ? En voulant trop en faire, on en arrive à une baisse mortelle de libido littéraire et artistique. D’où l’invention de cette petite musique sur les dialogues pour combler le néant : une sorte d’anneau vibrant si vous voulez. 
En bref, je vous remercie encore pour tant de plaisir. Je m’en vais maintenant écrire à Peter Jackson qui, malgré la distance qui nous sépare, assure, lui aussi, à chaque fois  …
Bien joyeusement,
Jessica Beaufort de Belgique
ps : Je suis libraire spécialisée de mon état, mais si vous avez besoin de quelqu’un pour servir le café sur un tournage, ou nettoyer vos fringues, je me tiens à votre entière disposition. Le fait que nous soyons ex-amants ne sera jamais mentionné, j’en conviens.
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