Dans la peau de Luka Magnotta – Karl Zero

J’étais enceinte de Isaac et férue de Tumblr quand je suis tombée sur le visionnage intégral de « One lunatic, one ice pick » nous dévoilant le meurtre et le viol de Jung, un étudiant chinois.
Luka Magnotta a filmé son crime et l’a balancé sur la toile.
J’en ai vomi tripes et boyaux.
J’en ai eu des contractions.

Rien que d’en reparler, j’en ai à nouveau des nausées …

Je ne suis pas pieuse mais ce jour-là, j’ai visionné l’oeuvre d’un démon.
Si je suis une inconditionnelle adepte des biographies sur les serial killers, il y a une marge énorme entre l’imagination, l’idée que l’on se fait d’un meurtre et un visionnage réel.
A l’instant où j’écris, des monceaux de captures écran me reviennent comme des boomerangs en pleine face … 
Ceci étant, Luka Magnotta n’est pas un serial killer proprement parlant, néanmoins j’ai eu envie de comprendre qui se cachait derrière ce personnage en lisant l’oeuvre de Karl Zero.
Enfin, « oeuvre », c’est vite dit.

Tout d’abord, j’ai trouvé très peu judicieux d’écrire ce livre à la première personne. On a le sentiment de lire une autobiographie alors qu’il s’agit d’une fiction basée sur des faits avérés. C’est Luka Magnotta par Karl Zéro. Rien d’autre.
L’écriture est ultra simpliste. L’auteur s’en défend en prétendant avoir voulu parler comme le sujet. Ca reste tout de même très désagréable à lire … L’unique point positif que je vois à cela est qu’on rentre plutôt facilement dans la peau du tueur. C’est que Monsieur Zéro ( Non, vraiment ça lui va divinement bien ce nom ) a usé des vrais dires de Magnotta. Il les a juste mis en scène.

J’en retiendrai que, plus que tout, Luka Magnotta voulait être célèbre. Psychologiquement faible dû à une vie complètement chaotique et ce depuis l’enfance, il s’est conduit à faire des choses peu orthodoxes dans l’unique but d’atteindre une certaine notoriété.
C’est pathétique.
Mais surtout flippant. Nous sommes à l’ère de la célébrité. Beaucoup sont prêts à tout pour atteindre un peu de reconnaissance, à échelles différentes, bien entendu. Néanmoins, Luka Magnotta n’est pas tant cet inconnu de départ … Au fil de la lecture, il y a un sentiment dérangeant … Celui de reconnaître ses sentiments. Il est alors difficile pour le lecteur d’admettre un lien entre lui et ce personnage de Magnotta.
Ce qui est surprenant, c’est qu’aucune mise en garde n’accompagne le roman. Ce livre n’est pas tout public ! Certaines scènes sont violentes et choquantes.

Enfin, bien que l’ouvrage soit le fruit d’une enquête de ce bon vieux Karl, il ne faut pas tout prendre pour argent comptant. Il manque des éléments importants du dossier pour être véritablement un ouvrage d’enquête.
Bref, ce n’est pas l’incontournable roman, ce n’est pas divinement bien écrit mais j’ai appris pas mal de choses sur Luka Magnotta ce qui me permet d’avoir le recul nécessaire pour juger.

Juger ce malade de pathétique merde et j’en suis navrée pour lui . 



Converse. Passionnément. A la folie !

Etats-unis 2001 sur la côte ouest.
Les Converses n’étaient pas un phénomène de mode, au contraire, c’était une façon « west coast » de montrer et revendiquer un côté « has been » assumé. Souvent portées par les mauvais garçons du coin, les All Stars n’avaient pas bonne réputation …
Et puis, je suis revenue en Europe et quelques années plus tard, dans le bus, mon petit copain de l’époque m’a dit que ça allait faire fureur d’ici peu de temps parce que, à Paris, tout le monde les portait. Nous étions alors en 2004.
A ce moment là, j’étais surtout catégorique : jamais je ne porterai ces hideuses basquettes !
Ca fait un pied de Berthe et ça ne met surtout pas une jambe féminine en valeur.
Et puis, un jour, mon mari me les a offertes en cadeau d’anniversaire. Des All Star classiques, grises. Coup de foudre. Ca ne fait pas un si grand pied … Mon 40 paraîtrait presque un 38, tout dépend en fait du laçage.
Et puis, j’ai craqué pour une paire de rouge. Puis des bleues marines, des noires, des blanches …
Je suis devenue une incurable accro’ aux Converses All Star.
Je possède quelques paires de chaussures à talons dont une paire de Louboutin, histoire d’honorer ma féminité lorsque Monsieur me le demande gentiment mais grand Dieu, je ne suis pas mieux qu’en Converse !

Pas étonnant qu’on me file 19 ans à un couple d’années de mes 30 ans … Le maquillage réduit au stricte minimum ( eyeliner + mascara bio ) et style d’étudiante, ce n’est pas demain la veille qu’on va me confondre avec Mémé courgette 😀


Destination, Blankenberge.

C’est sympa de constater qu’on est lue avec attention 😉
Ainsi, quelle fût ma surprise de recevoir des messages Samedi soir me demandant comment s’était passée ma journée à la mer avec les kids. 
Pour rappel, j’avais décidé de faire piocher une destination par semaine aux enfants ( pour le coup, seule Noa pioche mais plus tard, chacun à leur tour, une fois sur deux, ils le feront ) afin de leur faire découvrir notre belle Belgique. Je me vante d’avoir traversé le globe mais il est tout aussi important de connaître la moindre paille qui constitue son nid, n’est-il pas ? 
La Belgique. Je m’en plains souvent. Bah, être belge c’est compliqué. Autant il y a des choses qui nous rendent fiers autant les choses qui nous ridiculisent sont bien plus nombreuses. Mais dans le fond, je ne déteste pas la Belgique. Je ne l’adore pas mais je ne la déteste pas non plus. Par contre je déteste LIEGE.
Mais je vous en reparlerai.
Je m’égare, pour changer.

Donc, Noa avait pioché le carton « Blankenberge ».
Petite modif’ sur le planning au lieu de partir Samedi, nous avons choisi Dimanche.
Debout à 6h, les enfants & moi étions prêts à 8h. Papa nous dépose à la gare avec la directive de se rendre à Bruges pour 16h. En gros, pour la fête des pères, il avait le droit de roupiller jusque 14h, heure à laquelle il devait prendre la route. Pourquoi, Bruges ? Parce que c’est notre ville. Notre ville d’amoureux. Notre ville d’occasion » ( « ville d’occasion » … Entendez que toute occasion est bonne pour s’y rendre 😉 ).
Après un long trajet en train passé à roupiller ( oui oui, Noa & Isaac ont roupillé comme des mouflets de Panurge pendant que j’admirais le paysage.
Non, c’est faux. Il n’y a rien à admirer comme paysage durant le trajet.
J’écoutais juste la conversation inintéressante de deux baudruches assises devant nous.
Au moins, ça passait le temps et j’avais le sentiment de regarder deux poneys suisses tenter de causer anglais. C’était … pathétique.
« T’as regardé Secret Story ? Oh p*tain, tu as loupé un de ces trucs ! Y a un mec … blablabla ! »

Bref, arrivés à la gare, première désillusion : le temps.
Dieu, qu’il fait moche !
Juin. Nous sommes en Juin. J’avais prévu le coup et sors de mon sac à dos un gros pull pour les enfants ainsi que leurs cirets. Le vent souffle très TRES fort. Noa, un peu surprise, n’est pas pour autant démotivée à gagner la plage. On se promène le long de la digue, on descend vers la plage, on s’approche de l’eau … Je raconte des histoires sur la mer à Nono complètement subjuguée par une telle masse d’eau … Isaac, lui, il dort. Bien protégé sous la protection du BOBA et sous mon manteau de portage, Monsieur roupillotte 🙂
Je décide alors de le passer sur le dos, ce qui me demande pas mal d’effort car il faut également mettre le manteau de portage en mode « dos ». 10 minutes plus tard me voici prête à jouer avec Nono. Château de sable, marche, … On prend un bon bol d’air et ça fait du bien. 
Midi approche plus vite que je ne le pensais, il est temps de manger.
Si j’ai ce qu’il faut dans le sac à dos, je dois réchauffer la préparation maison de Isaac donc on file dans un café non loin. 
C’est sportif de donner une panade sans chaise avec un loustic qui adoooooooooore bouger en mangeant. Bref, j’ai de la purée de carottes jusque dans les cheveux 😀 Mais au moins, ça aura fait rire Noa qui a avalé un sandwich plus rapidement que son ombre elle-même. Ca creuse de jouer.
Le serveur nous ayant trouvé magnifiques, adorables, toussa toussa, nous demande ce qu’il peut nous offrir. On se prend un bon chocolat chaud avant de partir faire un peu de cuistax. 
Oui, oui, du cuistax avec le petit en portage.
Ce fût bien plus facile que prévu … L’astuce ? Relâcher légèrement les lanières niveau épaules afin de dégager la vue et pédaler les jambes légèrement plus écartés que d’ordinaire afin d’y placer les pieds de bébé. Et surtout : rouler à 2km/heure, ah ah !
Bref, quand il fût temps de rejoindre la gare j’ai dit à Noa qu’elle pouvait prendre UN SEUL souvenir de ce moment. 
Une photo, une peluche, … 
Elle a choisi un magnet.
C’est donc magnet en poche que nous avons pris le train direction Bruges afin de rejoindre Papa.
J’ai eu droit à de gros câlins. A un merci volontaire sans que je ne demande quoique ce soit. Non pas que je demande qu’on me remercie mais c’est souvent spontané suite à un « Ca va ? Tu t’es bien amusée ? « 
Oui, Maman me’ci.

Non, là je guettais l’arrivée du contrôleur quand Noa m’a embrassée et m’a dit « Me’ci Maman, on va aller encore oui ? Demain ? Bientôt ? »
Bref, elle s’est éclatée et ça m’a submergé de joie.
Gare de Bruges. Papa est là, sur le quai. 
Une fois en ville, nous lui avons offert un nouvel objectif pour son appareil photo et l’avons invité à manger dans un restaurant avec vue sur le beffroi.
On a achevé cette journée par une balade en bateau sur les canaux …
Magique.