Un moment suspendu, dans la nuit.

Hier soir, j’ai regagné mon lit très tard …

Nous avons préparé la réunion de Monsieur et papoté pas mal sur l’avenir quand l’horloge affichait 1h.

Les escaliers grinçants ont eu raison du sommeil de mon cadet qui sans pleurer, m’a appelée .. « Ma … Ma ….MMMM….. ». J’ai voulu le recoucher mais il ne semblait pas vouloir rester dans son lit. Je l’ai pris dans mes bras.

« Tu veux venir dormir avec nous ? »
Il s’est logé dans le creux de mon cou.
A peine avais-je tourné les talons que mon aînée m’a dit … « Moi aussi Maman, je veux venir … »

Ok. Va pour un co-dodo.
Mon mari et moi adorons dormir avec nos enfants. C’est vraiment un moment unique. Pour moi, il flirte même avec la magie.
Au creux de mon bras gauche Noa et sa fougueuse chevelure au parfum vanillé … Sur mon torse, mon petit Isaac à la peau douce et à la tignasse qui chatouillent. Leurs souffles me bercent …
Dans mes cheveux détachés, la main de mon mari et sa barbe qui me picote l’épaule droite. Je sens un baiser … « Bonne nuit mes amours »
« Bonne nuit Papa … »
« Bonne nuit à vous, mes chéris »

Seul Isaac est resté silencieux car il avait déjà regagné la berge de Morphée. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que tout le monde s’endorme.
Tout le monde sauf moi. Durant cette nuit, je n’ai pas dormi. Je tenais à profiter de ce moment.
Les enfants grandissent si vite …

Il faisait chaud sous la couette et tandis qu’Isaac avait trouvé refuge, le nez derrière mon oreille, Noa m’entourait de ses petits bras allant chercher la main de son frère qu’elle tenait bien fort.
Je l’embrasse et dans un souffle elle me dit … « Je t’aime Maman ».

« Je t’aime aussi Petit Chat »

Les choses simples de la vie regorge d’une magie … Celle de nous faire oublier tout ce qui de près ou de loin pourrait nous blesser. Avoir des enfants, c’est ça aussi. Apprécier ces moments … humains. Ce bonheur fou que l’Homme ne cesse de chercher, il est là. Mais nous sommes pour la plupart devenu aveugles et sourds …

« Le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent, assis. »

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L’enfer c’est les autres …

Bon sang, Sartre avait raison.

Disons qu’il soulève une question intéressante, l’une des caractéristiques propre à ce bon dieu de siècle : l’individualisme.

L’individualisme profond, ancré, acerbe, celui qui régit nos habitudes, nos amis, nos achats, nos transports, nos artistes, nos peines et nos joies aussi …

Je suis un produit de ce temps car je dis « je »

Le « je » semble avoir été inventé juste après la mort du « nous » qui lui-même était apparu avec l’humanisme lorsque Dieu se faisait déjà trop vieux pour supporter le poids de l’humanité. Les hommes prient donc la responsabilité d’eux même jusqu’à ce qu’ils se lassent de leur solidarité pour s’affirmer en tant qu’individus tout seuls, qui ne partagent pas et qui vivent chacun chez soi.

On ne sait pas trop à quel moment le « nous » a succombé au « je », peut-être à l’apparition du compte en banque … Les historiens sont assez indécis sur ce point. Ce que l’on sait en revanche, c’est que nous vivons un moment où le « je » a atteint son apogée.

Exemple : le mot « cité » est caduc depuis quelques années déjà parce que si les académiciens de la langue française étaient honnêtes, on lui aurait attribué la formule « agglomérat d’individus reliés entre eux par le wifi ou le câble ». Moi-même je ne sais rien de mes voisins si ce n’est que leur connexion internet est sécurisée. Un jour,  le temps d’attente d’un nouveau fournisseur, j’ai eu le courage d’aller leur demander leur code. J’ai eu l’immense joie d’une réaction contemporaine. A savoir de ne point partager ce que l’on a payé et honnêtement gagné.

C’est souvent pendant mes courses que l’individualisme me frappe le plus …
La grande distribution est un lieu froid où de multiples « je » sélectionnent des produits surannées, insipides et/ou superficiels, pour se nourrir. Pour leur défense, il faut savoir qu’ils y sont plus ou moins contraints par une tension invisible et constante, liée au harcèlement publicitaire, à leur voisinage, à leurs amis et à leur culture consumériste. Bref. C’est en observant dans ce lieu trouble que j’ai pu me rendre compte de cette grande déchéance du « nous ».

Si l’on passe sous silence la sous race des caissières qui ne sont plus tout à fait affiliées à l’espèce humaine, on constate qu’il existe dans ce genre d’endroit une entité honteuse et sans visage : les vilains voleurs malhonnêtes. Les vilains voleurs malhonnête peuvent prendre n’importe quelle apparence de la grand-mère à la jolie tête blonde et il de votre devoir, en tant que caissière sous-humaine, de les pourchasser jusqu’au dernier. Ce n’est cependant pas le devoir des Hommes libres et c’est ici qu’il faut s’affliger.

Un jour, la caissière a oublié de biper la boîte de thon du client me précédant. Peut-être que l’acheteur s’en rendit compte. Peut-être pas … Mais le regard affûté de la femme qui patientait derrière moi ne put supporter l’outrage. Elle découvrit au grand jour l’infâme complot qui sévissait entre le client et la caissière, ainsi que l’injustice dont elle était victime …

Ici, je me permets de poser une question cruciale : qu’aurait réellement perdu cette femme à laisser partir cet homme avec une boîte de thon gratuite ?

Ainsi donc s’éteint le « nous », au profit de celles et ceux qui méritent leur boîte de thon.

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Une passion de longue date pour le vintage …

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours adoré le vintage.
L’objet dans un premier temps.
La mère de mon beau-père avait une chambre dans laquelle elle entreposait toutes les choses qu’elle n’utilisait plus mais qui faisait partie des souvenirs de son passé, de son enfance … Cahiers d’école, romans datant de l’époque de son Papa ( j’ai en ma possession un ouvrage datant de 1811 lui appartenant ), des statuettes, des articles de journaux, des tableaux, les jouets de ses enfants, des vêtements …
Quand on lui rendait visite, j’adorais m’enfermer dans cette pièce à l’odeur si particulière.
Je pouvais y passer autant de temps qu’on voulait bien m’y laisser sans lassitude. Si j’aimais regarder, toucher, épier, jamais à cette époque je n’aurais imaginer porter des vêtements passés de mode.
C’est vrai, stupidité de la jeunesse oblige, je n’avais pas encore l’intelligence de trouver du positif à me démarquer, à être moi … Je n’ai pas osé. Mais j’avoue n’avoir jamais eu un attrait particulier pour la mode. Un pantalon, un pull, des baskets et en voiture Simone !

Sauf qu’avec le temps, j’ai réellement besoin d’affirmer cette passion. Mon moi intérieur est devenu trop étroit pour contenir tout ce fervent amour de l’Histoire, de ce qui a été.
J’ai énormément de chance d’avoir comme mari un frère d’âme. Un homme qui a tout comme moi, des frissons devant l’art victorien. Qui peut s’émouvoir à l’écoute d’un chant médiéval ou qui tombe en admiration devant une architecture baroque …
Du coup, lorsque je me suis confiée à lui sur ce besoin oppressant de m’exprimer, il m’a portée tout là haut. Mieux, il m’a emmenée dans un vintage market où j’ai carrément fait le plein.
Nous nous sommes amusés à nous plaire mutuellement, il m’a conseillée, je l’ai conseillé à mon tour … Je l’ai vu me regarder avec admiration et plaisance, j’en ai rougi …
Du coup il a marqué au fer rouge mon choix.
Ce qui me plaît dans le vintage c’est la valeur de redonner vie à une chose que l’on croyait morte. Et de perpétuer une histoire.
Me dire que la jupe que je porte en cet instant a appartenu à une femme avec ses choix, ses goûts et son vécu renforce ce sentiment de vivre de manière intemporelle. Je porte donc un récit de vie ou peut-être même plusieurs.
C’est bien connu, je ne suis absolument pas en phase avec mon temps. Oh, bien entendu j’ai une profonde addiction à la technologie comme tout le monde et mon réseau 3G est rarement éteint, je ne parle pas de ça. Je parle des valeurs nouvelles et des principes qui ne tiennent pas la route.
Je me retrouve davantage dans cette femme des années endéans 68. Après, j’ai perdu le contact.
Avant une femme avait à coeur d’être l’égal de l’homme moralement, intellectuellement, professionnellement, … Aujourd’hui, la femme a à coeur de dominer par bien d’autres atouts … Qui finalement nous font défaut et donc régresser. N’hésitant pas à renoncer à ce que la nature lui a donné de plus précieux, bravant des montagnes pour atteindre le droit d’exister en tant qu’être de plastique décharnue, exempt de neurones quand, à l’inverse, elle ne passe pas son temps à se plaindre d’être une femme.
Non décidément, cocotte du XXIè, tu ne me parles pas. Pire, tu me saoules.

J’ai donc décidé de devenir une femme vintage. Je fais le choix d’être un anachronisme visuel sans me soucier une seule seconde du « qu’en dira-t-on ».
Je vais désormais « chiner » au lieu de faire du « shopping ».

Et ma première expérience aujourd’hui a été fructueuse !

Bref, 2014, me voilà. Pour de bon.

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