L’enfer c’est les autres …

Bon sang, Sartre avait raison.

Disons qu’il soulève une question intéressante, l’une des caractéristiques propre à ce bon dieu de siècle : l’individualisme.

L’individualisme profond, ancré, acerbe, celui qui régit nos habitudes, nos amis, nos achats, nos transports, nos artistes, nos peines et nos joies aussi …

Je suis un produit de ce temps car je dis « je »

Le « je » semble avoir été inventé juste après la mort du « nous » qui lui-même était apparu avec l’humanisme lorsque Dieu se faisait déjà trop vieux pour supporter le poids de l’humanité. Les hommes prient donc la responsabilité d’eux même jusqu’à ce qu’ils se lassent de leur solidarité pour s’affirmer en tant qu’individus tout seuls, qui ne partagent pas et qui vivent chacun chez soi.

On ne sait pas trop à quel moment le « nous » a succombé au « je », peut-être à l’apparition du compte en banque … Les historiens sont assez indécis sur ce point. Ce que l’on sait en revanche, c’est que nous vivons un moment où le « je » a atteint son apogée.

Exemple : le mot « cité » est caduc depuis quelques années déjà parce que si les académiciens de la langue française étaient honnêtes, on lui aurait attribué la formule « agglomérat d’individus reliés entre eux par le wifi ou le câble ». Moi-même je ne sais rien de mes voisins si ce n’est que leur connexion internet est sécurisée. Un jour,  le temps d’attente d’un nouveau fournisseur, j’ai eu le courage d’aller leur demander leur code. J’ai eu l’immense joie d’une réaction contemporaine. A savoir de ne point partager ce que l’on a payé et honnêtement gagné.

C’est souvent pendant mes courses que l’individualisme me frappe le plus …
La grande distribution est un lieu froid où de multiples « je » sélectionnent des produits surannées, insipides et/ou superficiels, pour se nourrir. Pour leur défense, il faut savoir qu’ils y sont plus ou moins contraints par une tension invisible et constante, liée au harcèlement publicitaire, à leur voisinage, à leurs amis et à leur culture consumériste. Bref. C’est en observant dans ce lieu trouble que j’ai pu me rendre compte de cette grande déchéance du « nous ».

Si l’on passe sous silence la sous race des caissières qui ne sont plus tout à fait affiliées à l’espèce humaine, on constate qu’il existe dans ce genre d’endroit une entité honteuse et sans visage : les vilains voleurs malhonnêtes. Les vilains voleurs malhonnête peuvent prendre n’importe quelle apparence de la grand-mère à la jolie tête blonde et il de votre devoir, en tant que caissière sous-humaine, de les pourchasser jusqu’au dernier. Ce n’est cependant pas le devoir des Hommes libres et c’est ici qu’il faut s’affliger.

Un jour, la caissière a oublié de biper la boîte de thon du client me précédant. Peut-être que l’acheteur s’en rendit compte. Peut-être pas … Mais le regard affûté de la femme qui patientait derrière moi ne put supporter l’outrage. Elle découvrit au grand jour l’infâme complot qui sévissait entre le client et la caissière, ainsi que l’injustice dont elle était victime …

Ici, je me permets de poser une question cruciale : qu’aurait réellement perdu cette femme à laisser partir cet homme avec une boîte de thon gratuite ?

Ainsi donc s’éteint le « nous », au profit de celles et ceux qui méritent leur boîte de thon.

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