En éduquant ma fille, j’éduque mon fils.

Avant d’avoir des enfants, j’avais des valeurs et des principes. 
Aujourd’hui, j’ai ces mêmes valeurs et ces mêmes principes au carré ! Non, je ne suis définitivement pas de celles qui plaisantent sur le dicton que maintenant, elles ont juste des enfants. Je suis celle qui énerve, décidément. 
Il y a bientôt 4 ans, j’ai donné naissance à une fantastique petite fille. Noa.
Un prénom curieux pour une fille, c’est plutôt masculin non ? Non. C’est un prénom féminin à 100%, seul le Noé anglais, « Noah », est masculin. Je n’en veux pas aux gens de ne pas le savoir, je leur en veux de porter à bout de bras des stéréotypes à la con. 
Pendant 9 mois j’ai longtemps réfléchi sur un prénom pour cet enfant. Un prénom c’est le poids de toute une vie, c’est aussi une certaine valeur que l’on transmet, un goût, une histoire … Alors je me suis référée à la mienne. 
Je m’appelle Jessica et je déteste ce prénom qui ne me correspond pas. Ma maman, très coquette et mon papa très macho se sont mis d’accord pour me le donner. J’ai toujours été un garçon manqué. Toute petite, je pleurais à l’école parce qu’on m’obligeait à mettre des jupes, à être « une fille ». Si j’étais d’accord avec le fait d’être une fille, je ne voulais pas être ce genre de fille. Mais à l’époque c’était l’image qu’on en avait. Rose bonbon, poupée, dînette,  … En grandissant je n’ai rien eu contre le fait de mettre du maquillage ( j’ai commencé à 18 ans ) et porter aujourd’hui de la lingerie coquette mais … Je ne suis toujours pas ce genre de fille. Je suis débrouillarde, aventurière, pas douillette, j’adore bricoler même si je suis nulle, le maquillage au strict minimum parce que ça empêche mes enfants de m’embrasser baveusement … Je suis une fille, un genre parmi les autres. Et je me sens mieux dans mes pompes depuis que je peux l’être. 
C’est donc naturellement qu’en tant que maman d’une petite fille, j’ai particulièrement planché sur le sujet … Je me suis sondée, j’ai pesé le contre et le pour dans mes principes et je m’y suis tenu …
Noa aura 4 ans le 26 juillet prochain et j’ai toujours pris en compte son opinion personnelle quand elle pouvait me la donner faute de quoi j’optais pour la neutralité. J’ai, par contre, volontairement occulté le rose, lui proposant un panel d’autres couleurs. Le rose n’est pas féminin. C’est con de le penser. Toutes les couleurs sient à tout genre. 
Sa couleur préférée ? Le bleu. Elle adore naturellement le bleu. Une couleur qui n’est ni celle que préfère son père, ni celle que je préfère. Non c’est la sienne. 
Bien évidemment à son entrée en maternelles elle a bien eu une passe Dora & « princesses » pour faire comme les copines. On lui a même offert un château playmobil et une robe mais ça a duré 2 mois grand maximum … Elle n’aime les poupées que pour les porter en écharpe histoire de m’imiter, sinon … 
Non, Noa son truc c’est les super-héros et la science fiction. J’entends déjà les « oui en même temps, toi … », c’est vrai mais c’est SON choix. Et puis une petite fille se forge en prenant comme exemple sa mère avant de s’épanouir …
Je lis des comics book, par curiosité elle les bouquine, elle adore. 
Ici la télé ne fonctionne qu’avec des DVD en bruit de fond … Star Wars, Doctor Who, kaamelott … Elle adore. J’aime l’idée qu’elle soit différente. UNE FILLE différente. J’aime qu’elle me demande de la changer après 15 minutes en robe. J’adore réparer ses pantalons troués aux genoux, démêler ses cheveux ébouriffés, … 
Ma fille a la chance d’être la fille que j’ai toujours voulu être : libre. 
Je l’encourage fortement à sauter dans les flaques d’eau, à se trainer à terre, à sauter sur son lit, … La société et son influence aura trop tôt vite fait de la culpabiliser et de la changer à l’adolescence. Tant que je suis là, je la protège de tout ce qui pourrait l’empêcher d’être elle même, qu’elle le soit tant qu’elle peut … 
En faisant cela, j’éduque également mon fils. Un homme qui aura une image particulière de la femme … 
Nos enfants sont les adultes de demain. 
Si on veut que les choses changent, une réelle équité, c’est aujourd’hui, maintenant, dès le plus jeune âge. 
Je suis heureuse de voir des spots publicitaire à l’instar des serviettes hygiéniques « Always », la dernière en date … Ou d’entendre dans l’émission des « Maternelles » ce matin qu’habiller une fille en rose ça la bêtifie, ça la cale dans des cases préconçues … Parce que ça fait 4 ans que je me sens seule ( pour changer ). Heureusement que mon mari me soutient inconditionnellement parce que les autres mamans me fustigent majoritairement ! Et  ce dès que je m’oppose à l’idée de percer les oreilles de ma fille sans son consentement … 

Noa c’est un rayon de soleil … 
C’est une petite fille libre.
C’est le cadeau le plus précieux que je puisse lui faire … 

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30 ans, l’âge de l’esprit roi …

Ça y est. J’ai 30 ans.
30 ans … Ce n’est pas vieux … Pour un arbre.
Pour un être humain non plus, ma foi, mais je sens que je suis à l’été Indien de ma vie, j’ai de moins en moins de temps à perdre …

J’ai déjà vécu tant de choses …

Ma mémoire … 

La mémoire, c’est ce qui rappelle à un être humain que le bon temps c’était hier, en principe.
J’ai toujours passé le rayon « principes populaires », par défaut.

Du coup, me concernant, le bon temps c’est aujourd’hui et sûrement demain.

Alors, ce matin du 12 Juin, j’ai eu comme une angoisse qui s’est estompée au fil de la matinée puis j’ai arrêté d’y penser pour y repenser à nouveau, le temps d’un billet. Celui-ci …
C’est effrayant tout ce qu’on a envie de dire quand on atteint la trentaine.

30 ans, en fin de compte, ça change quoi ?
Ça dépend. 

Ça dépend de QUI a 30 ans. Nous sommes tous différents. Certains construisent seulement un foyer, d’autres n’en ressentent pas encore l’envie … Il existe encore les éternels gamins qui fréquentent les boîtes de nuit et les Tanguy. Entre autres …
30 ans, c’est surtout l’occasion de faire un bilan … L’occasion de freiner en chemin et de jeter un rapide coup d’oeil par dessus son épaule.
La première chose que je vois c’est le visage désemparée de cette gamine qui vient de vivre une rupture entre le plein et le vide, c’est brutal. Je ne peux la prévenir de la souffrance tant elle croit que le peu de bonheur reçu est éternel. J’aimerais lui crier que l’un remplacera l’autre un jour mais elle n’en écouterait rien et puis … Elle est solide cette petite. Elle manque de confiance en elle mais du haut de ma trentaine, je l’admire, moi.
Ma vie n’a pas été rose. Si je devais poser une teinte sur les murs de mon existence jusqu’à la vingtaine, ce serait le gris. J’ai connu quelques éclairs de lumière dans l’obscurité … Ca m’a donné une impression de vision grisée …
J’ai été propulsée dans le monde des adultes trop tôt … Beaucoup trop tôt.
Avant 20 ans j’ai …
– eu un diplôme
– connu les nuits à la belle étoile 
– eu trop de fois le ventre vide
– eu ma première déception amoureuse
– encaissé les coups d’un beau-père alcoolique
– connu le sentiment d’abandon total
– eu la chance d’avoir une amie inconditionnelle, Giusi. Une soeur. J’ai tout gâché.
– payé mes études universitaires seule
– fait la plonge pour cela
– beaucoup menti. J’avais honte de moi, ma vie, mon parcours …
– eu la chance de connaître mon géniteur dans une bonne période, j’ai pu voyager et faire le tour du monde
– fait le deuil de 2 grands-mères. Des mères.

– été accusée d’être à l’origine de l’handicap de ma soeur

– survécu à trop de choses. Il m’est impossible d’en parler. Je voudrais garder un brin de dignité …
Après 20 ans, j’ai …
– rencontré un mec fabuleux. Ce ne fût pas évident au départ mais notre relation est à l’image d’un Benjamin Buton. Plus on avance ensemble plus ça fonctionne du tonnerre. Nous sommes heureux.
– passé le cap du mariage pour la vie  
– été maman 
– réalisé le rêve d’être libraire
– rencontré des gens formidables et je me suis débarrassée des néfastes.
– perdu un enfant

– eu des patrons ( dont une patronne psychopathe ! ) qui ont tenté de me mettre des bâtons dans les roues, en vain mais j’y ai laissé mon enfant … 

– connu la plus grande douleur physique possible
– réalisé qu’il fallait que je change, que j’ôte ce déguisement pour être moi-même peu importe que cela plaise.

– compris que je n’avais pas de père. Ni de famille. Que dans ma relation avec ma mère, c’était elle, la fille.

– failli être veuve. Deux fois. De trop. 

Après 20 ans, j’ai surtout fait des choix. Ces choix qui m’ont menée au bonheur total et inconditionnel.
Je n’ai pas choisi les malheurs de ma vie mais je suis plus que fière d’y avoir fait face, seule. Je suis fière d’avoir pris les bonnes décisions, d’avoir affronté les monstres du placard, de les avoir regardé dans les yeux …
Quand je me regarde dans le miroir aujourd’hui, j’y vois une femme forte. Plus forte qu’hier et assurément moins que demain. Capable de combattre l’horreur et la souffrance. Je vis avec mes cicatrices, sans aucun problème.
Je regarde mes enfants, mon mari, ma vie … Je voudrais vous dire que, comme dans chaque foyer, tout n’est pas parfait mais je ne peux pas. Parce que tout l’est. Avoir ma vie aujourd’hui relève du miracle ! Ou plutôt d’un combat acharné. Je reviens de loin … 
J’ai donné tord à tous ceux qui pensaient qu’on ne peut pas s’en sortir quand on est issu d’un milieu difficile. J’ai travaillé tellement … TELLEMENT. 

J’ai 30 ans. Je suis une femme sûre d’elle. Pas très modeste ( mais ça, ça compense les années de mésestime ), joyeuse et vivante.

Alors pour les 10 années à venir, je me promets le bonheur. Je me promets ce troisième et dernier enfant. Je me promets cet accomplissement professionnel. Je me promets des voyages. Je me promets d’être moi. Je promets de vivre … Survivre, c’était hier. 

Et hier, c’est loin déjà …

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Madame de Sévigné, l’inspiration …

Pendant nos études, on nous demande souvent de lire des tas de trucs qui nous barbent !
Soyons francs.
Je suis passée par là. 
Si d’ordinaire, je ne trouvais jamais d’ennui à la lecture, peu importe ce qu’elle était, j’ai noté une exception lorsqu’on nous a gentiment imposé la biographie de la Comtesse de Grignan … Les biographies, je n’étais franchement pas fan. Ca a bien changé avec le temps … 
Les premiers chapitres étaient d’une lourdeur … J’allais abandonner la lecture quand j’ai lu un extrait de sa correspondance avec une certaine Madame de Sévigné …
Le passage que j’ai lu m’a parlé. Je me suis retrouvée dans la réponse rendue, celle d’une mère particulièrement aimante et attentionnée. 
Pourquoi si jeune, ai-je été interpellée et particulièrement touchée ? Peut-être parce que je voyais en elle la mère que j’aurais aimé avoir ? Et sans doute que je ressentais alors déjà la mère que je souhaitais devenir ? On ne sait pas bien discerner ce genre de choses … à 14 ans.
C’est ainsi qu’est né mon amour pour Marie de Rabutain-Chantal, marquise de Sévigné. J’ai lu de nombreux recueils sur ses échanges épistolaires avec sa fille … De somptueuses déclarations d’amour et de dévouement total, des lettres que j’aurais pu écrire à ma propre fille si j’avais été une femme du XVIIe siècle.
Je me reconnais complètement en elle … Cette femme faussement aimable et gaie, d’une étonnante bonne humeur malgré une vie des moins tranquilles. Elle est celle qui se dévoue corps et âme à ses enfants. Elle eut des amis minutieusement choisis à qui elle fût fidèle jusque dans le malheur. C’est l’esprit qui a dominé chez elle, c’est à dire l’imagination et l’intelligence. Elle jugeait et observait avec lucidité.
Elle est celle qui me transporte dans ces salons rêvés que je ne côtoierai jamais, celle qui me fait rêver de bienséances et de cette époque où l’on faisait la court … 
Elle est celle qui me réconforte dans le rôle de mère que je joue aujourd’hui et dans la femme que je suis, définitivement. 
Lettres à ma fille …

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