Joyeux Anniversaire Noa !

C’est le quatrième anniversaire que l’on fête et … Ca va. Je commence à accepter le fait que tu grandisses.

Bien évidemment à l’angoisse de te voir pousser si vite s’ajoute une bonne dose de joie, mon p’tit biscuit …

J’ai préparé cet anniversaire longtemps à l’avance parce que je me connais trop bien … A l’approche des dates fatidiques, je suis une vraie dépressive. D’ailleurs, tu as dû remarquer ces regards mouillés, émus que je pose sur toi depuis quelques jours. Oui, c’est vrai, je te regarde toujours avec beaucoup d’amour mais n’as-tu pas remarqué une pointe de nostalgie précoce, en plus ?

Non ? Bien sûr que non. L’insouciance de tes 4 années ne te permet pas de voir ces choses là. C’est très bien comme ça …

Ton Papa et moi avons choisi tes cadeaux avec minutie. Nous avons été à ton écoute, j’espère que tu es contente …
On s’excuse encore de ne pas te gâter durant l’année, j’ignore comment tu perçois le fait de ne rien recevoir alors que les enfantss de ton âge ont pour la plupart trop de choses inutiles dans leurs bacs à jouets mais j’ai l’impression que tu prends conscience du message que nous tentons de te faire passer quand arrive le jour sacré. Tant attendu. Te voilà devant des cadeaux par milliers.
La surprise n’est-elle pas plus grande ?

Rien au monde ne vaut ces petits yeux pétillants ! Rien au monde ne vaut ton bonheur. Rien au monde …

C’est le jour où il est important pour moi que tu aies conscience à quel point je t’aime. Que NOUS t’aimons. Celui de ta naissance. Un jour suspendu dans le temps. Pendant que tu déballes chacun de tes cadeaux moi je me remémore chaque minute de cet accouchement magique … A chaque bouchée de gâteau que tu prends, je revois ces moments privilégiés des premiers contacts, … Et puis quand tu ris je réentends ces petits cris de faim émis en milieu de nuit …

Joyeux Anniversaire, ma chérie.

Que la vie puisse préserver ton âme telle qu’elle est … Je suis si fière de toi.

Pour cette année supplémentaire, je te promets encore de nombreux voeux exaucés, de superbes moments en famille et de l’amour encore et toujours. Je te souhaite la santé, de belles amitiés et l’épanouissement.

Maman

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Il est de retour – Timur Vermes

A Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s’emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise… Hitler est ravi qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l’estocade qui lui permettra d’accomplir enfin ce qu’il n’avait pu achever…

Décor planté.

On ne va pas se mentir, il m’a fait de l’oeil ce bouquin. Souvent manipulé lors de mes descentes en librairies, j’ai lu et relu la quatrième en me tâtant … C’est que ma PAL ( pile à lire pour les débutants ) chante avec les étoiles donc il y avait de quoi hésiter. Mais lui, LUI, il m’a donné envie de le lire. Un petit craquage en chopant les livres de lecture mensuels des kids plus tard … Et je l’ai dévoré en 3 jours !

Etonnée par les avis peu unanimes, j’ai vite compris où était le soucis une fois la lecture achevée. « Il est de retour » est audacieux tant par son décalage complet dans la narration mais surtout par son sujet.
Timur Vernes est étonnant et original à la fois dans sa façon de parler de Hitler !

Le ton est léger, sans grands discours, pourtant notre esprit est entraîné malgré lui, page après page … Notre curiosité est titillée et l’émotion s’installe. Néanmoins, si il y a des passages passionnants, CAPTIVANTS même, ils en côtoient d’autres un peu trop plats. Un gros bémol …

Cependant, la personnalité de Hitler retient l’attention, sa montée en puissance est dépeinte avec des malentendus, des quiproquos, des admirateurs. Le personnage n’a rien perdu de ses idées nazies, rien n’a étiolé ses pensées, ses désirs. Il est le même. Le regard satirique subjugue dans son interrogation du rôle de chacun dans l’arrivée au pouvoir d’un être comme Adolf Hitler. On est ainsi rendu à l’évidence ; Malgré les faits du passé, malgré la souffrance, malgré les actes, le contexte pourrait revoir le jour si la mèche était rallumée. Une conclusion, malheureusement, tout à fait d’actualité … Les dangers subsistent plus ou moins dans l’ombre. Une réflexion amenée sur la table avec une pointe d’humour …

« Il est de retour » propose donc un récit à la première personne, conté dans les chaussures d’un homme dur, complexe, déroutant, ironique par dessus tout. On referme le bouquin avec l’immense envie de crier au scandale, comment peut-on nous laisser ainsi ?! Que devient Hitler après les dernières lignes ? Qu’advient-il de sa « nouvelle » propagande ?

Une suite au programme, Monsieur Vermes ?

Note globale … 7,5/10

Prochaine critique littéraire : « Voulez-vous tuer avec moi ce soir ? » de Céline Denjean

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Londres et ses marchés

Quand nous allons à Londres, nous aimons particulièrement chiner dans les marchés.
Alors, bien évidemment, les plus connus, car (TROP ) conseillés aux touristes, sont ; Camden, Portobello et Borough Market.
Comme tout le monde, au début, on y fonce, on s’y ruine … L’avantage qu’il y a à tomber amoureux d’une ville et de s’y rendre régulièrement c’est qu’il arrive un moment où vous dépassez le stade de « touriste » lambda. Vous approfondissez vos visites, jusqu’à les purifier …
Ainsi, au fil des années, j’ai eu le bonheur de découvrir d’autres marchés, parfois plus petits mais bien plus riches de par ce qu’on y trouve et de par leur histoire.
Il y a à Londres des marchés qui ont une véritable âme …

Pour commencer, le plus connu des moins connu : Le Marché de Bricklane ( uniquement le DIMANCHE ).

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Alors d’accord, je l’admets, ce marché est cité dans tous les guides touristiques, c’est vrai. Mais la raison pour laquelle j’en parle quand même c’est que ce marché reflète parfaitement l’identité du EAST LONDON.

C’est une véritable ouverture sur le monde ! Se balader dans les allées et sentir ces odeurs tantôt épicées, tantôt sucrées … MMmmmmh …  Les échoppes de nourriture gourmande côtoient ces aubettes de fringues rétros sans que cela ne dénote au visuel.

Ce que j’aime particulièrement dans ce marché, c’est me poser dans l’un de ces cafés qui se trouvent à l’intérieur même du marché. Un conseil, évitez le très connu CAFE 1001, sorte de chaîne italo-espagnole … Allez plutôt savourer un jus ou un thé au TEN BELLS ( 84 commercial street, E1 6LY ). Ce pub HISTORIQUE se situe juste en face du Spitafield market ( un tout petit marché qui vaut également le détour ), connu pour être le lieu où Jack the Ripper repérait ses victimes. Ok, c’est glauque. Mais HISTORIQUE !

Où ? Bricklane E1
Station ? Algate East



Brixton market ( tous les jours ).

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La majorité des guides touristiques vous déconseille d’y aller, prétextant que le sud de Londres est dangereux, blabla blabla ….
Sincèrement, on y va souvent avec nos deux petits en bas âge, nous en sommes toujours sortis vivants. Plutôt deux fois qu’une même !
Bien évidemment, il ne faut pas y aller en pleine nuit, sortant titubant d’un pub local, ça va sans dire.

Alors la particularité de ce marché est que ses allées sont pleines de marchandises venant directement des Caraïbes, de l’Afrique et de la Jamaïque.
Vous y trouverez des vêtements traditionnels légers et colorés, parfait pour l’été !

C’est aussi le quartier rêvé pour tous les amateurs de musique Jamaïcaine et africaine en général. Si la musique qui s’échappe de l’une des boutiques vous plait, ne soyez surtout pas timide ! Entrez ! L’accueil est chaleureux et c’est du bonheur en barre ! Heureux de vous renseigner, les propriétaires ont la « good vibe » communicative.

Bien sûr, comme dans tous les marchés londoniens qui se respectent, vous trouverez à Brixton Market, un tas de stands de cuisine du monde. Vous pourrez entre autre goûter au DELICIEUX et traditionnel JERK CHICKEN des Caraïbes.
Ah, un conseil … Méfiez-vous des sauces épicées qu’on vous proposera en supplément, le JERK CHICKEN est déjà super méga over épicé !

Où ? Brixton 
Station ? Brixton



Broadway Market ( le samedi ).

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Tu veux voir des gens branchés et excentriques à Londres ? Quoi, à Camden ? Mouahahahahahaha ! Non, la cour des grands c’est à Broadway Market, les petits potes !
Ce marché n’est pas aussi grand que Bricklane ou encore Brixton mais je pense que c’est ici que vous allez tomber amoureux de Londres …

Le gros plus, est qu’il se situe juste à côté de London Fields qui offrent de nombreuses boutiques et pas mal de pubs.
En bordure de parc, c’est vraiment un endroit super agréable, en été ou par jour de temps ensoleillé. Si j’aime énormément Portobello pour son âme vintage, ici je retrouve une ambiance plus authentique qui me parle définitivement. Le marché ENTIER est rétro/vintage. Les gens le sont plus que tout. Mais ce qui est également palpable c’est cette attitude « so british » qui font des anglais des personnes attachantes. Politesse, convivialité, … Il fait bon vivre ici, vraiment !

Mon conseil ici est de vous arrêter dans n’importe quelle aubette qui vous propose à manger. Tout est cuisiné devant vous, à emporter, afin de manger tranquillement assis dans le parc.
Ne laissez surtout pas un oignon sur la pelouse, hein ! Les anglais et leurs parcs … La biodégradabilité ils n’en ont que faire ! Derrière vous, il doit faire propre au poil de fesses, sous peine d’amende …

Où ? Broadway Market E8
Station ? Bethnal Green


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A ta santé, mon capitaine !

Il y a un type qui habite à 6 maisons de la mienne. C’est Corto Maltese.

Non, pas à gauche, à droite.
Celui de gauche c’est juste un vieux con, en plus jeune.
Avec la boule à zéro et des réflexions de facho …

« Moi, les p’tits immigrés qui font du bruit à pas d’heure, je les renvois dans leur bananier ! »

Non, Corto Maltese, c’est le voisin qui habite à 6 maisons de la mienne, mais à droite. Ma droite, quand je sors de chez moi.

Ce qui me fait dire que c’est le vrai Corto Maltese c’est que si on y réfléchit bien, ayant vu le jour en 1967 alors qu’il avait déjà une petite trentaine, le vrai Corto Maltese, aujourd’hui, il devrait avoir une bonne soixantaine, voire 70 le temps que ça mijote …

Et ça … Ca m’a tout l’air d’être à peu près exactement l’âge de ce voisin, avec ses petites lunettes et son manteau de capitaine, sa casquette de marin et son petit sourire de celui à qui on ne l’a fait pas.

Il envoie du rêve Corto Maltese …

Lorsqu’il traverse notre rue pourrie et qu’il passe sous ma fenêtre, le vent du large souffle son parfum d’iode sur mes cheveux lissés au fer et je suis propulsée loin d’ici, au sommet d’une falaise à pic … Les vagues qui meurent à mes pieds dans leur linceul d’écume et le vent qui couvre la voix des mouettes qui n’en finissent pas de se moquer des marins ivres du rhum et des dames … Et je respire, enfin … Un peu.

Quand il me voit, les lèvres de Corto Maltese s’étirent, se plissent en une fine cicatrice. L’oeil sourit, l’oeil rit et le vieux disparaît au coin de la rue … Il disparaît en me laissant avec mes faux souvenirs en carton. Et Herstal reste Herstal sans la mer, sans écume sur le rivage, sans grands voiliers dans les parages …

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J’aime la pluie …

Depuis un temps, pour moi, la pluie n’est plus seulement cette plaie qui fait puer les chiens …
Elle est une musique douce et délicate qui m’apaise.
Elle sait comme personne faire taire mes angoisses et m’offre des instants hors du monde.

J’aime son odeur pas toujours délicate, j’aime ce qu’elle dégage … Suivant sa force, son intensité, elle offre une nouvelle interprétation des paysages. Là où les gens y voient de la tristesse, j’y vois de la beauté.

J’aime particulièrement Paris et Londres sous la pluie. Elle les sublime. Elle les rend presque irréelles avec une ambiance feutrée et une vision en super 8.

La pluie a souvent inspiré quelques unes de mes toiles, quelques écrit … Il a plu le matin de la naissance de mes enfants.

Quand elle tombe, c’est un peu comme si elle ne tombait que pour moi … Un sentiment étrange …

J’adore cette sensation d’humidité, de fraîcheur … Elle rend nos rues désertiques ou peu fréquentées, elle isole ceux qui l’aiment.

Un break. Une échappée visuelle et sonore.

Aujourd’hui, il a plu toute la journée.

Après le repas de midi, nous sommes aller au parc.

On s’est assis au pied d’un arbre et en silence, on s’est évadé.

Les enfants et moi …

La vie, la vraie,
Celle qui offre de la poésie …

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La mère-barrière …

Ce matin, je suis allée faire une course rapide au magasin du coin avec les enfants …
Main dans la main avec Noa et Isaac en portage dos, dans l’écharpe.

Dans la file, une dame âgée, africaine.

« C’est bien ma fille, tu es une bonne mère, ça me fait chaud au coeur ! »

Ce à quoi je réponds que, bien que cela me touche, une mère qui porte n’est pas forcément une bonne mère. Comme une mère qui pousse son enfant dans une poussette peut être une excellente maman !

« Oui tu as raison. Mais quelle genre de mère porte, materne et peut-être mauvaise ?! Moi je n’en connais pas ! »

« Qu’est ce qu’une bonne mère, déjà ? »

Devant un certain public, nous débattons légèrement de la maternité, du portage … Le temps d’attente dans une file de supermarché bondé …

« Tu sais, chez nous, on dit qu’il est naturel de porter son enfant dans le dos dès la naissance parce que de par la position, c’est la mère qui affronte le monde d’abord. Elle sert de barrière, elle est devant lui pour le protéger. Il prend ainsi confiance … Ca le protège également des maux du ventre. Quand il est prêt, il marche à sa guise  avec une confiance certaine, sa mère est à présent derrière lui. Ici en Europe, je pense que les femmes poussent par coquetterie. Pour ne pas se froisser les vêtements ou porter des talons. Et à ceux qui prétendent qu’un enfant porté est fainéant et capricieux, demande leur si ils ne confondent pas avec la poussette. Je n’ai jamais vu autant de capricieux en poussette. Continue ma fille, je suis vraiment fière ! »

Un brin extrémiste la mama, mais son discours m’a fait du bien. Surtout quand on s’acharne à me demander pourquoi je porte encore mon fils de 17 mois.

Le nombre de fois où j’ai envie de répondre « parce que je t’emmerde ! » …

Je n’avais jamais entendu cette histoire de mère/barrière. J’ai trouvé ça poétique, magnifique et lourd de sens …

J’aurais tant aimé avoir encore mes grands-mères à mes côtés, je me rends compte que j’ai la chance d’être métisse. Et cette chance est décuplée car mon mari l’est également et à deux on constitue le monde … On a tant de choses à apprendre du monde, justement …

Nous sommes leur seul repère, apprenons au mieux pour bien retransmettre. C’est tellement mieux que de léguer une maison ou des sous … C’est un héritage inestimable.

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