Je suis enceinte. Alors pourquoi je ne peux pas vous le dire ?

( Non, mais calme toi. Je ne suis pas enceinte )

Quand une femme cache le premier trimestre de sa grossesse, qui cherche-t-elle à protéger ?

Enceinte, quand je quitte la maison, je prends le frigo avec moi. Que ce soit pour une durée de 3 heures ou  davantage, j’emballe deux sandwiches au Nutella ( bouuuuh, huile de palme. M’en fiche ! C’est bon le Nutella ), deux yaourts, une pomme, des biscuits, de l’eau et un soda. Si c’est juste pour un aller retour pas trop loin, je prends la même chose divisé par deux. Ah mais ce n’est pas un repas ! C’est en plus de mon repas. Mes collations deviennent alors mes doudous, mes bouées de sauvetage.

A 13 semaines, je ne suis déjà qu’un ventre sur pattes ! Une heure après avoir quitté la table, je suis affamée. Avant, tu as faim, tu as le temps de décider ce que tu veux manger. Là, dans cet état si tu ne bouffes pas dans les 3 minutes, tu vas vomir !
C’est comme entrer le code de l’alarme de ta maison avant qu’elle ne retentisse pourtant la police est déjà en chemin. On ne devrait même pas appeler ça de la faim.
Cela revient plus à tenter de boucher un trou en plein expansion ( #glamouuuuuur ) !

Dans le bus, dans la rue, au lit, dans le bain … La bouffe est une obsession irrépressible.

Comme 50 à 80% des femmes dans leur premier trimestre de grossesse, j’ai des nausées matinales. Un foutage de tronche naturel qui donne l’impression que l’immense flot d’hormones flambées à travers votre système n’est pas plus perturbateur qu’un aphte buccal.

En vrai, les nausées matinale c’est beaucoup plus semblable à une gastro-entérite de 3 mois de temps que vous êtes obligées de garder pour vous … Et là j’ai une pensée pour Kate Middleton qui a atteint le niveau super saïan de la nausée et ce, deux fois. Une minute de silence.

Plus sérieusement, avant de connaître la grossesse, je n’avais absolument AUCUNE idée de à quel point  le premier trimestre était difficile à vivre. Et pour cause, on garde en général sous silence une annonce de grossesse jusqu’à environ  12 ou 13 semaines, lorsque la grossesse est réputée « sûre » et le futur bébé « viable ». C’est alors que vous êtes libre de l’annoncer au monde. Jusque là, il faut lutter à travers tout ce qui vient, émotionnellement ou encore physiquement, avec votre partenaire ( et quelques membres de la famille si vous leur avez dit ).

Alors ce voeux de silence il vous est destiné. A vous. Afin de nous protéger, nous. Parce qu’il y a comme une honte inavouée à devoir rendre des comptes, parmi lesquels une grossesse inachevée. Malgré nous. Du coup, les 3 premiers mois d’une grossesse sont douloureusement cachés. Nous sommes ainsi théoriquement hors danger / nausées / épuisement quand nous révélons ce ventre joliment arrondi. Nous ne sommes OFFICIELLEMENT que bonheur.

Alors quand une maman à peine enceinte d’une semaine ou deux éclate sa joie sur les réseaux sociaux, je suis toujours assez consternée. Que viendrait-elle à dire si elle perdait son enfant ?

J’ai été cette maman là. Première grossesse, notion obsolète du premier trimestre, j’ai crié au monde entier toute la joie émanant d’un test urinaire positif.

Raison pour laquelle, j’ai gardé mon bonheur sous scellée quand j’ai appris ma seconde grossesse.

Mais est-ce que le silence est vraiment une bonne chose ?

Après tout, si quelque chose ne va pas, ne devrions nous pas avoir besoin de nos amis / proches  au courant de cette grossesse, pour nous réconforter ?

Lors de ma FC, j’ai été gênée d’annoncer cette perte … J’ai eu envie de me cacher et la moindre des interventions compatissantes venant de l’extérieur, me gênaient. Me déprimaient, même. J’aurais tant aimé avoir attendu avant d’annoncer quoique ce soit …

Et malgré tout le prétendu soutien, je ne me suis jamais sentie aussi seule de mon existence qu’à ce moment-là.

Aussi, quand j’ai gardé sous silence ma seconde grossesse, les 3 mois de convenance, je me suis sentie tout aussi seule. D’autant plus que, j’avais carrément évincé tous ces gens qui m’avaient maladroitement soutenue lorsque j’avais perdu mon bébé. Ce que les gens peuvent être blessants en voulant bien faire … Ainsi avais-je tout de même confié à quelqu’un de proche à l’époque que j’étais à nouveau enceinte … « Non, mais bon, ne te réjouis pas trop non plus, on ne sait jamais … ».

Ah ben, bravo, tu as raison. Le bonheur c’est quand ?
A choisir, je préfère vivre un bonheur de très courte durée, qu’un stress qui traîne en longueur. Vraiment.
Mais je ne pensais pas comme ça à ce moment là …
Je le pense toujours difficilement. Surtout depuis cette remarque. Mais je me force à le penser.

Ainsi, coupons plutôt la poire en deux. Le dire à trop de monde est une bien mauvaise idée. Il ne faut cependant pas contenir ses sentiments de joie intense, c’est pourquoi le dire aux plus proches me semble le mieux à faire pour lutter contre la frustration.

Il n’empêche, ce qui est dingue, c’est la réaction qui émane des gens étrangers à notre vie, lorsqu’on annonce qu’on a fait une fausse couche … C’est tellement … Commun ( « Ca arrive ! » « J’en ai eu deux aussi » « Ah j’en ai fait une aussi avant ma seconde » ) ! Alors si c’est si commun, pourquoi le cacher derrière le mur de la honte ?! Imaginez vous … Si toutes les femmes étaient en droit de clamer leur bonheur d’être mères dès le test de grossesse positif, le monde ne serait-il pas à même de donner tout l’amour, le soutien et la compréhension qui vient avec le fait d’essayer de concevoir un autre être humain ?

Bien évidemment que ce n’est pas aussi simple …

Rien ne l’est jamais, bordel.

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