Mansfield Park – Jane Austen

En tant que libraire, on m’a souvent demandé quel était mon ouvrage préféré … C’est une question à laquelle je n’ai jamais su quoi répondre. C’est que j’en ai lu des romans … Et aucun d’entre eux ne s’est vraiment démarqué plus qu’un autre. J’ai trouvé « L’homme et la mer » d’E. Hemingway magnifique mais « Le Blé en herbe » de Colette m’a tout autant transcendé qu’un Agatha Christie.
On lit avec son coeur et un état d’esprit propre au moment, ainsi une lecture n’est jamais vraiment la même suivant les différentes époques où on l’on parcourt pourtant les mêmes lignes …

Tout ça c’était jusqu’à ce que je lise MANSFIELD PARK. Ou plutôt, jusqu’à ce que je relise Mansfield Park.
Mon amour pour les oeuvres de Jane Austen ne date pas d’hier, j’avais donc déjà lu le roman parmi d’autres dans mes plus jeunes années. A l’époque déjà, il faisait écho en moi mais je n’étais pas assez femme pour comprendre ce que je comprends aujourd’hui. De toutes les héroïnes d’Austen, seule Fanny me parle à ce point, j’aurais pu être elle. Tout s’y prête à la virgule près.

Une femme qui observe, résiste et ne transige pas.

On dit que ce roman était l’une des oeuvres majeures de la littérature occidentale, l’une des premières à se pencher sur la personnalité au sens moderne du terme. Jane y excelle à confronter diverses sphères sociales, à peindre des personnages dont les qualités ne sont qu’un vernis.

Cet ouvrage va bien plus en profondeur que les autres, Austen s’attache ici à montrer, à l’état nu, la contrainte imposée par la société, elle la montre dans son aspect négatif, dans toute la force de la répression. Il n’y a pas d’autre oeuvre de génie pour parler de façon si juste en faveur de la contrainte  voire même de l’ennui !

Divertir, certainement, instruire plus encore ; le livre porte en majeur partie sur l’éducation. On y critique avec vigueur les valeurs du monde moderne ce qui en fait un livre utile autant qu’attrayant.

Ce que j’aime particulièrement c’est l’insipidité qui se dégage de Fanny. On ne s’y attache pas. Parce que, les déboires et sa misérable vie mis entre parenthèses, elle n’a rien d’attachant Fanny. Sauf que sans s’en rendre compte au fil des pages, on est forcé d’assister à la métamorphose d’une chenille en papillon. Si bien qu’une fois le livre fermé, on envie Fanny.

C’est ce qui la démarque des autres premiers rôles féminins littéraires de Jane, qui nous a habitué à de fortes personnalités sans grandes évolutions. Des femmes fortes, incertaines, c’est vrai, mais qui toujours retrouvent un chemin … Fanny commet des erreurs. Fanny ne fait que des erreurs à vouloir bien faire. Et comme souvent chez Austen, c’est dans le brouillard absolu d’une vie parsemée d’embûches qu’on finit par entrevoir quelques mains qui ont toujours été là. Là naît alors le dilemme austenien, celui du choix. Le coeur ou la raison ?

Bref, Mansfield Park est mon roman préféré.

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