Quand une maman ne travaille pas, dans sa tête, elle n’est jamais en congé.

11035467_373341789518571_1159810725752735015_nTout le paradoxe est là.
Quand j’étais maman au foyer, je n’avais absolument aucune notion du mode « maman en pause » sur ON. Seule la reprise du travail m’a permis de considérer cela avec un immense étonnement … Au boulot, je suis en pause. Je reprends mon travail en sortant du bureau. C’est assez drôle comme sensation d’autant plus quand on a connu l’inverse.
L’immense avantage est la considération de la famille. Et ce, en tout sens. Je mesure véritablement l’importance du temps passé avec eux et ils comprennent que le temps que l’on passe ensemble est désormais précieux.
Alors, bien évidemment, si « travail » et « maman » paraissent incompatibles, c’est surtout parce qu’il y a d’une part une organisation titanesque et d’une autre part un aspect professionnel à relativiser.

Alors qu’il y a encore quelques mois, je faisais l’apologie de la mère à la maison, je peux en toute honnêteté avouer aujourd’hui que je n’avais pas entièrement raison. Je suis toujours séduite par le profil de la mère Ingalls, j’en rêve et si un troisième enfant voit le jour au sein de notre tribu, je réitérerai plus que probablement l’expérience de rester à la maison quelques temps … Néanmoins, il est important de revisiter quelques unes de mes positions.

Retravailler ? Par quoi étais-je motivée ?
Je suis une maman, de manière viscérale.
Je suis une épouse dévouée, sans faille.
Sur ces deux plans, je connais ma valeur et ma contribution personnelle. Mais j’avais envie de connaître ma valeur et le degré de ma contribution au-delà de mes barrières de sécurité … Quand on a été pendant quelques années cataloguée de mère exclusive, on a humainement envie de prouver, à soi-même d’abord, qu’on peut être autre chose.
Et ce fût ma motivation première.

Les débuts furent chaotiques … Pour la simple bonne raison que j’ai recommencé avec un temps plein à un poste qui ne me plaisait pas du tout. J’ai vu les choses en grand et un excès de confiance en moi m’a fait tomber dans une invivable routine. Malgré le réconfort apporté par moult mamans travailleuses, mes enfants me manquaient cruellement au point de n’être qu’une déprime sur deux jambes. Je me haïssais de faire subir cela aux miens …

Au final, j’ai refusé un poste à responsabilités et plus que bien rémunéré, pour un équilibre.

Aujourd’hui, j’ai un job taillé sur mesure pour la mère que je suis. J’ai un bureau, un horaire on ne peut plus léger, je vois mes enfants et je leur accorde un temps de qualité.

Parce que, j’ai bon analyser la chose sous tous les angles, j’ignore comment il est possible de passer du temps de qualité lorsqu’on preste un temps plein. En tout cas, moi je n’y parviens pas. J’ai besoin d’être reposée et concentrée pour leur inculquer des valeurs, jouer, apprendre des choses et leur accorder toute l’attention dont ils ont besoin. J’ai également besoin de cela pour assurer mon rôle d’équilibriste. Parce qu’être mère, épouse, amie et bosser est incontestablement l’un des plus fabuleux numéros d’équilibre que j’ai jamais fait jusqu’à présent.

Un véritable défi personnel qui me donne une satisfaction et un bien-être certain, outre mesure.

Je suis à nouveau dans le monde professionnel de manière stable et j’ai comme superbe qualité d’être mère. Ce qui me donne une vision différente des choses. J’ai des attentes et des priorités qui ne sont plus les mêmes … Sans parler de mes nouveaux supers pouvoirs comme arriver à l’heure voire même en avance. Je suis également souriante malgré les nuits courtes, et j’ai des « to do list » du tonnerre !

Je suis donc comblée en amour, en tant que mère et enfin professionnellement.

Il ne manque plus qu’un monde en paix et je serai au paroxysme du bonheur absolu.

Mais ça … C’est une autre histoire …

Madame rend visite à Mademoiselle.

551510_604028626399705_2382989040547428686_nElle ne parle pas ; elle gueule. Et se marre, en faisant des tourbillons avec ses bras, crayon au bec, face à cet autre qui ne peut en placer une mais qui s’amuse franchement de ses tranches de vie narrées comme des sketches. On profite de la douceur du soleil de fin d’hiver autour d’une table où trônent quelques bouteilles de vin vides et d’autres qui s’apprêtent à l’être, toutes à sa portée de main.  Elle dit qu’elle est heureuse comme jamais. A sa façon peut-être, c’est à dire entre deux assombrissements. Mais je ne suis pas là pour lui faire la morale, ni même pour m’inquiéter : elle ne le supporterait pas. Je ne lui ferai pas non plus remarquer que je saisis parfois dans son regard le désespoir des clowns tristes : elle déteste les clichés … Il faudra prendre plusieurs fois un ton sévèrement insistant pour arriver à l’extirper de ses divagations et la caler dans une pièce silencieuse. Il faut qu’on parle. « Ok, ok, futur moi … je te suis » en chantant. Mais une fois la porte fermée derrière elle, une autre jeune femme apparaît, qui se prend souvent la tête entre les mains, se frotte le crâne pour mieux réfléchir et ne se tait jamais. C’est une bavarde dans la veine surréaliste, faussement brouillon et foncièrement brillante, dévoreuse de livres, passionnée de tout, fan d’un autre temps. Elle est capable, dans ses pires moments, de lier la finesse de l’esprit à la grossièreté du geste.

Du genre à élaborer une profonde réflexion sur l’immortalité du couple en beuglant depuis les toilettes où, la porte ouverte, elle déverse les 5 derniers pichets d’un succulent rouge. Excessive, elle pourrait écoeurer, outrer ou épuiser.

Mais ce serait rester à la surface et refuser de voir le fond, déchirant.

Mademoiselle est celle qui ne voulait pas d’attaches par craindre de mettre quelqu’un dans l’embarras.

Madame n’a guère changé.

 

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Des enfants.

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Certains veulent des enfants depuis toujours, comme évidence. D’autres ressentent cette envie sur le tard quand ils n’en veulent tout simplement pas.

Par envie, par besoin … par logique, même, on devient parent.

Avoir des enfants s’est toujours inscrit dans une normalité … Je fais partie de ceux qui n’en avaient pas foncièrement envie mais qui ne pouvaient imaginer vieillir sans. Les choses étaient relativement simples ; j’avais besoin que le désir d’un homme entraîne le mien. Ainsi, lorsque j’ai rencontré mon mari, l’évidence de son désir s’est imposé à moi. Aujourd’hui, je ne peux imaginer une vie dans laquelle je ne serais pas mère.

Avec énormément de recul, je comprends aussi qu’il y a sûrement une envie « réparatrice » venue s’immiscer entre une volonté basée sur la normalité et le désir naissant …

J’avais envie de donner à un enfant tout l’amour que j’aurais aimé recevoir en échange d’une accusation. Je me suis sentie toute ma vie coupable d’exister. Coupable de ne pas avoir été désirée … Mes enfants sont l’inverse.EPM_6420

Avoir un premier enfant m’a révélée. Je ne suis devenue femme qu’une fois devenue mère. J’ai découvert en moi des sentiments nouveaux, d’autres confirmés, des sensations étrangères, une autre vision du monde, des réponses à des questions existentielles, …

C’est comme redonner le souffle à un oiseau qui le perd.

J’ai eu un second enfant par amour de la vie, elle-même … Et par un plaisir difficilement explicable tant les mots manquent de richesse. De puissance.

Ce n’est pas une position facile que celle d’un parent. Mais c’est tellement dérisoire en comparaison à ce qu’on en récolte.

On ne peut véritablement connaître le plaisir absolu d’avoir des enfants que lorsque nous en avons.

Avoir des enfants reste un choix indiscutablement personnel. J’ai fait ce choix.

J’ai des enfants. Des. Ce petit déterminant qui n’a ni début, ni fin précise … Je l’aime.

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