Noa a 5 ans.

11430144_413229642196452_4133493574455839084_nJ‘ai toujours pensé qu’il était ridicule de fêter un anniversaire, particulièrement le mien. J’étais le regrettable accident de mes parents, je trouvais terriblement hypocrite que de feinter la joie de mon existence une fois par année … Et puis, je suis devenue maman et j’ai eu un plaisir immense de préparer le premier anniversaire de mon aînée.

C’est l’anniversaire de Noa.

Son anniversaire représente pour moi le jour où la vie a déclaré que le monde ne pouvait plus vivre sans elle … C’est le jour où une âme a illuminé mon existence.

Il y avait déjà 6 milliards d’êtres humains sur Terre avant qu’elle naisse. Est-ce que le monde avait besoin de cette vie supplémentaire ? Je n’aurai jamais la prétention de l’admettre mais je ne peux douter de la réponse … Elle est exceptionnelle.

Son anniversaire met en évidence qu’elle a quelque chose d’unique, qu’aucun autre des 6 milliards d’êtres humains ne peut apporter.

Loin d’être un accident, je l’ai désirée plus que tout au monde.

Son âme m’a été envoyée par recommandé.

Son anniversaire, c’est ma façon de lui dire qu’elle reste ma priorité.

Même si je ne cesse de lui répéter au quotidien que je l’aime et à quel point elle est essentielle à ma vie, il y a un jour dans l’année où j’insiste davantage, m’assurant que JAMAIS elle ne puisse douter de l’amour que je lui porte …

Ce jour, c’est demain.

La magie d’une chambre d’enfant …

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Je ne me suis jamais pris la tête dans la décoration d’une chambre d’enfant …

Pour moi, c’est une pièce qui prend du caractère au fil du temps, je n’ai donc jamais imposé un modèle spécifique. Alors que mes amies ajoutaient du « Noukies » et consorts à leur liste de naissance, j’ai opté pour du mobilier très neutre. Du bois, de préférence clair, et surtout pas de couleur prédominante.

Ce qui fût également le cas pour les murs … Dans la culture chinoise et japonaise, il est conseillé de peindre les murs d’une chambre d’enfant en blanc pour favoriser l’énergie positive et la pureté d’une vie qu’il reste à mettre en couleur par l’enfant lui-même.

J’ai trouvé l’interprétation poétique et … logique.

Ainsi, au début de leur vie, Isaac et Noa n’ont pas eu de chambres aux goûts imposés. Et puis, ils ont vite été désireux de partager la même pièce donc … Il s’y trouve un univers qui leur est propre.

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Je les ai toujours consulté avant d’acheter quoique ce soit  … C’est une décoration qui leur ressemble et elle varie selon leurs humeurs et les saisons …

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J’adore cette pièce qui sent l’odeur féerique et particulière de l’enfance … Où les douces couleurs d’une vie heureuse dans l’insouciance absolue, flirtent avec un désordre permanent …

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Où les jouets prennent part à une vie que nous, adultes, semblons avoir oubliée …

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Je ne cherche pas à maîtriser cette espace. Je laisse ici libre cours à la créativité et à la liberté …

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A l’imagination à laquelle on souhaite une longue vie …

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J’aime flâner chez eux …

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J’aime qu’ils m’y invitent …

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J’aime ces instants partagés …

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Leur chambre est incontestablement, l’endroit qui m’est le plus paisible dans ce monde …

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« Soumission » – Houellebecq

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La parution d’un ouvrage de Michel Houellebecq est toujours en soi, un événement. J’arrive légèrement après la guerre mais pour ce dernier opus, on peut le dire, il a fait fort : donner corps à un fantasme populaire, dans l’air du temps. Bien qu’absolument infondé à mon sens, il faut bien avouer qu’il a l’art, la manière et les lettres pour semer un trouble dont on pourrait se passer …

C’est qu’il s’approprie avec le plus grand des plaisirs un thème cher aux xénophobes les plus virulents, qui voient dans la seule présence musulmane en Europe, la preuve d’un grand remplacement.

Que ce soit un excellent roman ou un médiocre pamphlet sur le sujet, ma curiosité m’a amenée à le lire …

Roman islamophobe pour les uns, excellente satire de notre société pour les autres, il est bien difficile de ne pas se placer d’un côté ou de l’autre de la ligne de rupture que l’auteur a tendue, comme un piège. D’autant que, soyons honnêtes, la com’ de l’oeuvre a fait de toute évidence plus grand bruit que le contenu lui-même et c’est bien là le problème !

Un livre d’un auteur aussi connu a deux vies. L’une est purement médiatique. La très grande majorité des citoyens qui ont entendu parler du livre  » comprennent  » qu’il évoque une France soumise à la charia, dans sept ans. Seuls les lecteurs de l’ouvrage auront une idée plus nuancée. Soit, au mieux, quelques centaines de milliers de personnes. D’où la question de la responsabilité de l’auteur : l’idée de promouvoir un livre qui part du principe que l’Islam puisse gouverner la France à plus ou moins courte échéance est islamophobe en elle-même, parce qu’elle ne correspond à rien d’autre qu’à un fantasme qui effraie : à Bruxelles, une ville qui compterait un quart de musulmans aujourd’hui, le seul parti islamiste, Islam, n’a recueilli, aux dernières élections, que 1,5 % des voix sur l’ensemble de l’électorat (francophone et néerlandophone). Soit un peu plus de 6.000 personnes. Or, dans Soumission, en 2022, la Belgique sera, comme la France, dirigée par les islamistes (modérés) ! Cela impliquerait tout de même que tous les musulmans belges votent pour eux, mais aussi que la bagatelle de 80 % des électeurs pro-islam soient …

Houellebecq a beau se défendre en disant qu’il est très peu probable que ça arrive en 2022, il a néanmoins choisi cette date-là dans son livre. Cette potentialité à si brève échéance satisfaisait immanquablement les fantasmes de certains excités et adoube les peurs d’un petit tiers des citoyens. En soi, alimenter la peur de l’Islam ou des musulmans, c’est une forme d’Islamophobie. Michel Houellebecq a choisi ce thème, il en a choisi les articulations et non, la liberté de l’artiste ne l’exempte pas de responsabilité. Il est en effet libre de publier ce qu’il veut, mais il est responsable de ses effets, particulièrement quand il choisit un angle aussi sulfureux.

Chacun se fait son idée de la littérature. Il y a des auteurs qui écrivent pour faire avancer une idée, dénoncer une injustice, changer le monde, imposer une philosophie. Il y a ceux qui plongent plus légèrement leurs lecteurs dans une aventure sentimentale, policière, une épopée surréaliste ou extra-terrestre où la fin est incertaine tant qu’on n’en possède pas les clés. Soumission n’est d’aucune de ces catégories-là. Mais puisque not’ Michel ne cherchait pas une révélation à soumettre au lecteur, ni la mobilisation de ses émotions, il aurait pu être analytique, partir de l’idée d’une France islamisée, puisque l’idée est dans l’air, pourquoi ne pas l’explorer vraiment (? ), et tenter de la décrire intelligemment. Oui, mais pour un tel exercice, il eût fallu s’en tenir à un minimum d’honnêteté intellectuelle, et par ailleurs, s’informer un chouïa. Ce que Houellebecq n’a visiblement pas eu envie de faire.

Mon avis est que « Soumission » est une farce. Il faut dire qu’il a commis une erreur médiatique en déclarant que c’était « un roman  » : ce n’est pas du tout un roman, mais bien une farce, au sens littéraire du terme. Ce livre est un exercice de dérision plutôt surréaliste, basé sur les fantasmes, souffrances, errements de l’auteur. Cet angle change complètement la donne. Complètement !

Ce bouquin est donc juste une farce moyennement bien construite, une épopée fantasque sans souffle et sans fantasmagorie. L’errance d’un misogyne désabusé (mais on n’avait pas besoin d’Huysmans et de l’Islam pour ça), une satire politique dénuée de toute finesse et de toute nuance, les deux choses qui rendent justement la critique politique intéressante. Tout ceci serait encore dégustable comme un caprice des Dieux dévoré seul et sans la plage ni cocotiers, si l’auteur s’était informé un tout petit peu plutôt que d’énoncer des poncifs convenus. Soumission est aussi un amas d’incohérences et de hasards préfabriqués sans pour autant qu’il y ait un univers vraiment fantasque. Bref, cet ouvrage est beaucoup de choses, sauf un bon roman. Ce n’est même pas un livre honteusement entaché d’islamophobie. Il y en a bien un peu, mais si commune qu’elle ne vaut même pas la peine d’être relevée. Au final, on referme Soumission sans même avoir de quoi détester Houellebecq, ni de quoi l’aduler non plus, juste de quoi se dire qu’on ne voudrait pas avoir sa vision du monde. Une croix pareille, ça ne doit pas être facile à porter tous les jours.

Mais au fond, je suis de mauvaise foi. Insoumise en tout, je n’allais de toute façon pas me soumettre à cette Soumission-là !