Quand l’école rentre à la maison.

13015698_519514921567923_8320676083639013020_n5 mois sont passés à Wisteria Lane. 

Nous nous habituons sans grandes difficultés à ce village comme si nous y avions toujours élu domicile.

Le moindre que l’on puisse dire c’est que tout est différent de ce que nous avons eu l’habitude de connaître.

Un village, c’est … particulier. Il y a ce bonheur de saluer son voisin en allant chercher le courrier et puis de papoter par dessus la haie avec une tasse de café fumante.

Ce sont des conversations indiscrètes, l’entraide, le poissonnier qui passe le vendredi et puis la sécurité. On « connaît » ( en théorie ) son voisin.

La vie de village rend les gens intrusifs. C’est peut-être l’unique point sur lequel nous pourrions nous attarder.

Vous savez, jouissant de votre espace vert privé, il y a tout à coup Mr Hubert qui se dit qu’il serait sympa de venir vous faire un petit coucou en passant par l’arrière de votre jardin.

Sans permission.

La première fois, c’est surprenant. Après, je trouve ça même presque … rassurant.

Car oui, cette proximité me rassure et depuis que j’habite ce village, je me sens rarement seule.

Au bout de ma rue se trouve l’école des enfants.

Une toute petite école familiale où tout le monde connaît tout le monde.

C’est ce que je voulais. J’ai tourné le dos à la ville pour que mes enfants puissent profiter d’un encadrement au calme, presque comme à la maison.

C’est précisément ce qui me pose un petit soucis aujourd’hui.

Si les enfants vont du lundi au vendredi à l’école, et ce de 8h30 à 15h30, il semblerait que dans un village, l’école c’est également le mercredi après-midi, le samedi et le dimanche !

Entre les anniversaires, les soirées pyjamas, les activités extra scolaires, … Ils font tout ensemble. Ces enfants sont instruits, éduqués et amusés à l’école et au delà, ENSEMBLE.

Alors, à priori, c’est une bonne chose. Sauf que notre mode de vie ne s’y colle pas sans compter que ça laisse peu de place à la personnalité de chacun, il faut suivre le courant.

Ici les enfants se couchent à 19h et se lève à 7h30, en semaine. Quand je vais les chercher à l’école ils sont déjà bien fatigués. Je sens que les activités extra scolaires ça risquerait de faire beaucoup sachant qu’il ne leur faut pas plus de 5 min pour sombrer une fois au lit. Quand ils ne s’endorment pas à table sur le coup des 18h !

Le mercredi après-midi ? C’est mon moment. Je leur consacre du temps.On joue, on parle, on échange … C’est en général le jour des papouilles, des massages, des « je t’aime » glissés entre deux dessins.

Et puis il y a les week-end. Ces deux petits jours qui nous rechargent les batteries. Les enfants se lèvent aux alentours de 11h et on mange au restaurant en famille. On se balade, on fait du vélo, on passe du temps de qualité.

 

J’ai eu une discussion intéressante avec Noa, ce soir. Ma fille m’a demandé de faire mille choses comme ses amis d’école. Elle veut faire de la natation, du basket, du karaté, de la danse, de la gym, … Je lui ai demandé si c’était ce qu’elle souhaitait vraiment où si elle se sentait obligée de le faire.

« Mais tout le monde fait ça. Alors peut-être que c’est ce que je dois faire aussi parce que moi je ne fais rien. »

Je lui ai fait remarqué qu’au contraire, elle faisait BEAUCOUP. Peut-être même plus que les autres. Je lui ai demandé de me citer un ami qui voyageait autant qu’elle. Qui a la chance de faire du basket avec son papa ancien joueur professionnel de basket ? Nous allons dans des musées, à la bibliothèque. Tous les week-end on fait des marchés, on va voir une pièce de théâtre … Pouvait-elle seulement me citer un enfant qui possède un abonnement au Théâtre de Liège ?

Elle m’a alors dit : « En fait, ce qui compte c’est faire ce qu’on aime bien faire. »

Précisément.

Parce que l’école envahit souvent l’espace de vie personnel, il faut parfois remettre l’église du village et rappeler les valeurs qui se perdent. Notamment celles de la famille.

Quand l’école est finie, il est essentiel que les liens soient rompus.

On met en sécurité la mauvaise influence des autres, la persécution, le harcèlement scolaire et on préserve la personnalité propre de chacun.

Quand Noa est à l’école, elle fait semblant d’être ce qu’on veut qu’elle soit. Une fois à la maison, elle respire, elle est elle même. Elle a commencé à changer le jour où j’ai laissé la porte de notre foyer ouverte à cette vie scolaire, impitoyable, pleine d’exigeances futiles.

Pour une scolarité sereine, il est essentiel de dissocier l’école de la maison.

Les vraies amitiés et les réelles relations positives se démarqueront.

Nous ne pouvons pas protéger nos enfants de tout, protégeons-les de ce que nous pouvons.