5 mois, début des hostilités.

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Première grossesse, pratiquement rien à signaler jusqu’au jour J. Si je n’avais pas eu un ventre imposant et un bébé en pleine forme en dedans, rien ne me faisait sentir réellement enceinte.

Seconde grossesse, démarrage en trombe ! Insupportables nausées, douleurs dans le bas du dos, sensation permanente de lourdeur, acnées, prise de poids, remontées gastriques … 9 mois longs et particulièrement éprouvants.

Troisième grossesse, mi-figue, mi-raisin ! On coupe littéralement la poire en deux. Un début avec de légères nausées mais rien d’insupportable, une petite fatigue normale,  bref un début franchement soft d’autant plus que je travaillais au cabinet. Avec pas moins de 3 bus à prendre tous les jours, 2h de trajet et un statut de maman solo de 8h à 21h. Ca c’était jusqu’ici.

Cela va faire une petite semaine que les complications arrivent. Et ENSEMBLE s’il vous plaît, sinon c’est clairement moins marrant …

En tête de fil, Dame « remontées gastriques ». Elle n’apparaît que si je mange sucré. Ô joie, je ne peux juste pas supporter ce qui est salé pour cette grossesse-ci et raffole du sucré. Tiens, donc. J’ai donc l’oesophage carbonisé à l’acide. Solution : j’évite le chocolat au minimum et je me soigne à l’homéo. Ca fonctionne. Pas toujours mais c’est mieux que rien !

Viens ensuite, et c’est une grande première, Dame « migraine ». Alors elle … Elle débarque un peu pratiquemment TOUJOURS au mauvais moment. Quant je dois être optimale, efficace, … Solution : Virulente, sans pitié, elle ne disparaît que si je m’isole dans le noir complet et que je m’octroie une micro sieste.

Dans la lignée des premières, les torticolis ! Je les cumule. J’ai pourtant une excellente literie avec un surmatelas, un matelas EVEREST et des coussins à mémoire de formes. Rien n’y fait, j’ai le dos et le cou tendus comme un fil à couper le beurre. Solution : seul l’hostéo est parvenu à me décoincer tout ça. Mais ça revient. Je dois apparemment ce soucis au fait de porter de gros bébés. Je connais la chanson maintenant.

Et enfin arrivent les plus terribles souffrances me concernant : les douleurs ligamentaires.

Les douleurs ligamentaires ce sont ces douleurs dans le bas du ventre comme si vous vous étiez claqué un muscle. Elles apparaissent en général dès le second trimestre de grossesse et c’est TRES douloureux. Elles ne sont pas systématiques. Pour ma première, je pense les avoir réellement ressenties que dans le 9ème mois et encore, très supportablement. Elles sont causées par le poids du bébé qui appuient sur les ligaments qui retiennent l’utérus.

Pour la seconde grossesse, elles sont arrivées vers les 7 mois.

Ici, elles débarquent en plein dans le 5ème mois et la douleur est également morale car il n’existe absolument AUCUN traitement concret. On peut soulager momentanément mais nullement faire disparaitre les douleurs.

Ce qu’on préconise ? Ne pas faire de mouvements brusques, s’allonger, mettre une bouillote et utiliser une ceinture de soutien. Mouais. Si ça peut VOUS aider, ma foi, mais me concernant je n’ai pas passé le crash test, je souffre sa race !

Heureusement que sentir bébé bouger procure toujours la douce sensation euphorique d’une magie pure.

Sans déconner, ça aide.

 

6 années.

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Le 26 Juillet, nous avons fêté l’anniversaire de notre aînée, Noa.

Et le moindre que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en est passé des choses en 6 « petites années » d’existence.

Je peine encore à réaliser que le bébé de hier, est aujourd’hui une jolie petite fille qui maîtrise les additions dans la centaine, lit de mieux en mieux, sait rouler à deux roues, fait ses lacets, compte en anglais et en espagnol …

Elle a débarqué dans ce monde en douceur, sans un cri avec des yeux plus ronds que le monde. Des cheveux d’une noirceur profonde et une peau d’un brun gourmand.

Des caractéristiques qui font ce qu’elle est physiquement ; une beauté atypique qui attire le regard. Parce que tout le monde l’aime cette enfant. D’une façon ou d’une autre.

J’admire tout ce que ce petit bout de moi est. Sa témérité, sa bonne humeur permanente, sa curiosité débordante … Il est assez rare et presque irréel que de prétendre n’avoir jamais vu un enfant pleurer. Je peux compter sur mes 10 doigts le nombre de fois où j’ai eu à essuyer des larmes sur son visage. Parce que Noa parle énormement. Et qu’elle a une facilité à confier le moindre de ses sentiments.

J’aime écouter les mots qu’elle met sur ce qu’elle perçoit. A 6 ans, ce n’est pas toujours évident d’avoir du recul. C’est encore une chose dont je peux être fière.

Je pourrais parler de ma fille jusqu’à ce que mon coeur se fatigue de vieillesse alors …

Joyeux anniversaire, Noa.

 

Ta maman qui perd toute objectivité, tant elle déborde d’amour pour toi.

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Mon troisième enfant.

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Le premier se réfléchit.

Le second est une évidence.

Mais qu’en est-il du troisième ?

L’odeur exquise de la peau d’un nourrisson, l’émotion des premiers sourires, … Il est difficile d’y renoncer. L’envie est là, timide dans un premier temps mais elle se veut obsessionnelle quand l’utérus vide appelle, tambour battant …

Il semblerait que passer à un troisième enfant soit un passage dit « de cap ». On devient une famille nombreuse et le regard des gens change. On admire ou on jalouse, on ne passe plus vraiment inaperçu. C’est donc un choix à assumer.

On en parle à deux, avec énormément de distance dans un premier temps et on en chuchote un mot au médecin.

Pour ma part, on m’avait conseillé d’abandonner mon moyen de contraception assez tôt afin que mon corps puisse se remettre. On dit aussi qu’à 30 ans, les choses peuvent prendre plus de temps. C’est donc l’esprit léger que j’ai annoncé à Monsieur, que j’entrais psychologiquement et physiquement en phase de préparation quant à l’idée d’un troisième enfant et lui tendais 5-6 semaines plus tard un test positif.

Oui, j’ai considéré davantage l’adage qui dit que l’exception confirme souvent la règle. Un adage qui me colle visiblement à la peau !

Envahie d’un immense bonheur, j’ai été prise au vol par la rapidité des évènements et les questions se sont bousculées dans ma tête.  Des questions que l’on se pose avant, bien évidément, mais dont les réponses sont troubles devant le fait accompli.

Les réactions d’un homme et d’une femme sont souvent aux antipodes les unes des autres, surtout face à la maternité. Je n’ai donc pu confier mes craintes dans l’immédiat. Ce fut une période de doute, pour ma part furtive, que j’ai effacée en me rappelant que j’avais toujours voulu une famille nombreuse.

A mes yeux, c’est au troisième enfant que commence la fraterie. Et mon coeur s’emballe de bonheur à l’idée d’une « tribu », de tablées comblées, de Noël(s) animés, … Bien évidemment, je ne me voile pas la face, c’est une question de mathématique ; Un enfant en plus c’est aussi plus de chamailleries, plus de situations complexes, … Mais j’ai envie de faire comme j’ai toujours fait jusque ici : me faire confiance.

Je suis actuellement en route vers le 5ème mois et le moindre que l’on puisse dire est que les choses passent à une vitesse afflolante !

Avec deux enfants de 5 et 3 ans, rien de bien étonnant. Deux enfants qui s’impatientent et se réjouissent, un enthousiasme démesuré parfois difficile à gérer mais dans le bonheur toujours.

Nous avons appris à 3 mois qu’il s’agissait d’une petite fille. Annonce confirmée lors de ma dernière visite.

Le sexe nous importait peu. Ayant déjà une fille et un garçon, tout ce que l’on peut surtout souhaiter dans ce cas là c’est un bébé en bonne santé, rien de mieux !

Cette grossesse est différente des précédentes dans le sens où je connais de nouveaux symptômes, de nouvelles sensations … Des débuts nauséeux et une fatigue extrême, certes, mais si je ne sentais pas ce petit être bouger de temps à autres, je n’aurais pas l’impression d’être enceinte.

Si vous saviez comme il me tarde de serrer cette petite fille dans les bras, de voyager avec elle, de l’aimer, de la chérir, de lui présenter son merveilleux et si doux grand frère ainsi que sa fantastique et si drôle grande soeur … avec l’assurance qu’elle ne pourra qu’adorer son papa gâteau !

Ô qu’il me tarde de donner la vie à ce petit bout de moi, dont j’ai déjà choisi  le prénom.

 

Quand l’inévitable culpabilité prend le dessus …

Et se métamorphose en malaise qu’il n’est plus possible de supporter.

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L’année passée, je vous confiais ceci :

QUAND UNE MAMAN NE TRAVAILLE PAS, DANS SA TÊTE, ELLE N’EST JAMAIS EN CONGÉ.

Je vous expliquais à quel point j’avais ressenti le besoin de prendre un peu d’indépendance et de m’épanouir en tant que femme ayant une responsabilité hors foyer.

Les débuts sont toujours beaux, parfaits …On se laisse ennivrer par l’euphorie d’un quotidien exotique, dégustant avec considération ces moments où l’on est autre chose qu’une mère.

Ca n’aura duré qu’un temps.

J’ai ressenti au fil des mois une angoisse qui grandissait au fur et à mesure des responsabilités que l’on me confiait. J’ai cherché à me voiler la face, me persuadant qu’il était bon pour moi d’être cette femme moderne, distante du foyer, « heureuse » au travail … Le parfait cliché que les mères modernes s’acharnent à défendre sur les réseaux sociaux.

Sauf que derrière cette persuasion fictive et surtout très personnelle, j’allais de plus en mal …

Je déposais les enfants à la garderie à 7h30 et je passais les prendre vers 17h30. Et ce, après avoir jonglé avec 3 bus. J’étais exténuée. Avec un mari en pleine ascension professionnelle,  ce qui lui prenait un temps considérable, je culpabilisais constamment de lui demander un coup de main. Je faisais donc appel à une nounou pour me relayer.

Mon patron m’avait demandé exceptionnellement de rester plus tard au bureau et j’avais accepté. J’ai toujours été cette personne qui travaillait sans compter. Et il le savait …

Ce jour-là, je suis arrivée à l’école à 18h. En plein mois de Décembre, il faisait une nuit noire. Je me suis arrêtée avant de franchir la barrière, j’ai littéralement fondu en larmes. J’observais au loin les deux seuls enfants qui restaient dans ce réfectoire … Les miens.

Ca ne pouvait plus continuer.

J’ai longuement parlé à ma fille, mon fils. Que pensaient-ils de tout cela ?

J’ai alors mesuré la chance d’avoir une petitote très expressive qui, à son tour, m’a confié à quel point elle était malheureuse. Malheureuse de vivre à l’école et de ne rentrer que pour manger et dormir. De n’avoir une maman que le week-end. D’avoir perdu sa meilleure amie.

Isaac, moins expressif, s’est contenté de mettre ses bras autour de mon cou et pleurer jusqu’à sombrer dans un demi sommeil.

La culpabilité m’a envahie. Je me suis littéralement détestée … jusqu’à la dépression.

Comment avais-je pu considérer mes enfants APRES un pseudo épanouissement professionnel ? Comment …

J’ai donc entamé l’année 2016 en préparant mon patron à un éventuel départ. Départ pris d’un commun accord et à l’amiable en Juin dernier.

Depuis, je revis.

Mon rôle m’avait tant manqué !

Alors, non, c’est vrai, une « carrière » de mère n’impressionnera jamais et je serai souvent vue comme une personne « sclérosée », voire classée parmi les inactifs (!) mais un enfant ça ne pousse pas tout seul et c’est tout un défi à TEMPS PLEIN.

Dans tous les livres lus sur la pédopsychologie, les professionnels s’accordent sur le fait que rien ne remplace la relation mère-enfant, essentiel au bon développement de l’équilibre. C’est dans ce « coeur à coeur » idéal avec sa mère qu’un enfant va développer tout son potentiel au niveau émotionnel, psychomoteur et intellectuel.

Aucune garderie, aucune gardienne même la plus compétente, ne peut remplacer une mère.

Je ne voudrais pas que les mamans qui travaillent se sentent jugées par mes propos, je m’adresse davantage aux mères qui hésitent. C’est un choix difficile à faire et malheureusement pas donné à tout le monde. C’est déjà un luxe de pouvoir se poser la question.

Il s’agit de partager une expérience, la mienne. Je n’aurais jamais pu prendre du recul si je n’avais pas recommencé le travail. J’ai donc pu me poser les bonnes questions …

Je n’ai professionnellement plus rien à prouver à personne sur mes capacités.

Je suis désormais investisseur en capital humain.

 

Et je suis heureuse.