Quand l’inévitable culpabilité prend le dessus …

Et se métamorphose en malaise qu’il n’est plus possible de supporter.

13254928_531008530418562_7543047169477771399_o

L’année passée, je vous confiais ceci :

QUAND UNE MAMAN NE TRAVAILLE PAS, DANS SA TÊTE, ELLE N’EST JAMAIS EN CONGÉ.

Je vous expliquais à quel point j’avais ressenti le besoin de prendre un peu d’indépendance et de m’épanouir en tant que femme ayant une responsabilité hors foyer.

Les débuts sont toujours beaux, parfaits …On se laisse ennivrer par l’euphorie d’un quotidien exotique, dégustant avec considération ces moments où l’on est autre chose qu’une mère.

Ca n’aura duré qu’un temps.

J’ai ressenti au fil des mois une angoisse qui grandissait au fur et à mesure des responsabilités que l’on me confiait. J’ai cherché à me voiler la face, me persuadant qu’il était bon pour moi d’être cette femme moderne, distante du foyer, « heureuse » au travail … Le parfait cliché que les mères modernes s’acharnent à défendre sur les réseaux sociaux.

Sauf que derrière cette persuasion fictive et surtout très personnelle, j’allais de plus en mal …

Je déposais les enfants à la garderie à 7h30 et je passais les prendre vers 17h30. Et ce, après avoir jonglé avec 3 bus. J’étais exténuée. Avec un mari en pleine ascension professionnelle,  ce qui lui prenait un temps considérable, je culpabilisais constamment de lui demander un coup de main. Je faisais donc appel à une nounou pour me relayer.

Mon patron m’avait demandé exceptionnellement de rester plus tard au bureau et j’avais accepté. J’ai toujours été cette personne qui travaillait sans compter. Et il le savait …

Ce jour-là, je suis arrivée à l’école à 18h. En plein mois de Décembre, il faisait une nuit noire. Je me suis arrêtée avant de franchir la barrière, j’ai littéralement fondu en larmes. J’observais au loin les deux seuls enfants qui restaient dans ce réfectoire … Les miens.

Ca ne pouvait plus continuer.

J’ai longuement parlé à ma fille, mon fils. Que pensaient-ils de tout cela ?

J’ai alors mesuré la chance d’avoir une petitote très expressive qui, à son tour, m’a confié à quel point elle était malheureuse. Malheureuse de vivre à l’école et de ne rentrer que pour manger et dormir. De n’avoir une maman que le week-end. D’avoir perdu sa meilleure amie.

Isaac, moins expressif, s’est contenté de mettre ses bras autour de mon cou et pleurer jusqu’à sombrer dans un demi sommeil.

La culpabilité m’a envahie. Je me suis littéralement détestée … jusqu’à la dépression.

Comment avais-je pu considérer mes enfants APRES un pseudo épanouissement professionnel ? Comment …

J’ai donc entamé l’année 2016 en préparant mon patron à un éventuel départ. Départ pris d’un commun accord et à l’amiable en Juin dernier.

Depuis, je revis.

Mon rôle m’avait tant manqué !

Alors, non, c’est vrai, une « carrière » de mère n’impressionnera jamais et je serai souvent vue comme une personne « sclérosée », voire classée parmi les inactifs (!) mais un enfant ça ne pousse pas tout seul et c’est tout un défi à TEMPS PLEIN.

Dans tous les livres lus sur la pédopsychologie, les professionnels s’accordent sur le fait que rien ne remplace la relation mère-enfant, essentiel au bon développement de l’équilibre. C’est dans ce « coeur à coeur » idéal avec sa mère qu’un enfant va développer tout son potentiel au niveau émotionnel, psychomoteur et intellectuel.

Aucune garderie, aucune gardienne même la plus compétente, ne peut remplacer une mère.

Je ne voudrais pas que les mamans qui travaillent se sentent jugées par mes propos, je m’adresse davantage aux mères qui hésitent. C’est un choix difficile à faire et malheureusement pas donné à tout le monde. C’est déjà un luxe de pouvoir se poser la question.

Il s’agit de partager une expérience, la mienne. Je n’aurais jamais pu prendre du recul si je n’avais pas recommencé le travail. J’ai donc pu me poser les bonnes questions …

Je n’ai professionnellement plus rien à prouver à personne sur mes capacités.

Je suis désormais investisseur en capital humain.

 

Et je suis heureuse.

 

 

 

Publicités

4 réflexions sur “Quand l’inévitable culpabilité prend le dessus …

  1. Didi dit :

    Merci pour ce beau partage. Je dois t’avouer que j’hésite depuis un moment à travailler à mon compte et ce pour les mêmes raisons. Mais quand on est une maman solo et qu’à n’a pas assez d’expériences professionnelles c’est compliqué. Je rêve de ce jour où je n’aurais pas à me demander qui ira déposer mes filles ou encore qui ira les récupérer. Bref des questions qui ont l’ai stupide mais qui sont plus qu’importantes. Je suis contente que tu aies trouvé ton équilibre et j’espère que tes petits loups réalisent la chance qu’ils ont de t’avoir.

    J'aime

    • Dajesbox dit :

      Si j’étais une maman solo, je pense que je n’aurais pas le luxe du choix. Je comprends très bien ta position. Je suis maman solo dans le sens où mon mari ne s’occupe de rien ici. Je gère seule les enfants. Il part à 8h et ne revient que vers 20h. J’ai déjà été dans une belle mouise quand il était en formation à Paris et que je me suis demandé comment j’allais reprendre mes enfants à l’école … j’ai dû compter sur une maman dont les enfants sont amis avec les miens et qui habite mon village. Mais quel sentiment d’indignité tu ressens quand tu passes les chercher ensuite … depuis que je suis de retour à la maison on est en paix. Tout est rentré dans l’ordre. Mon petit devenait agressif, il est de nouveau cet agréable enfant, doux et compréhensif. Ma fille s’était renfermée sur elle même et j’ai retrouvé mon moulin à paroles. Et je suis désormais plus disponible à écouter mon mari parler de son travail et à le rassurer. Parce que son absence auprès de nous est justifiée. C’est parce qu’il se donne 20 fois plus que les autres qu’il est responsable aujourd’hui et que nous avons une vie confortable. Maintenant j’ai moi même conscience de la chance. Si je reprends un jour le travail ce sera également un mi temps ou même moins. Mais la priorité absolue restera les enfants.

      Aimé par 1 personne

  2. Die Franzoesin dit :

    Oh quel bel article ! Et quelle conclusion ! J’ai moi meme mis ma carrière entre parenthèse avec un long congé parental puis une reprise à temps partiel seulement… Et c’est vrai que parfois je doute et d’un autre coté je savoure tellement tout ce temps disponible pour mon enfant ! C’est en effet une chance quand on en a envie, de pouvoir le faire.

    J'aime

    • Dajesbox dit :

      Au départ travailler était ma bulle d’oxygène dans le sens où j’étais valorisée en dehors de chez moi. Je me sentais utile hormis le fait de l’être pour deux enfants. Et puis on m’a filé de plus en plus de responsabilités et je n’étais plus efficace à la maison. Le linge s’accumulait, on mangeait surgelé, … nous n’avons ni grands parents ni personne pour garder nos enfabts donc on devait gérer avec une nounou mais ce n’est pas une vie ça.

      J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s