La règle par 3, du désir à la réalité …

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L’idéal absolu dans mon schéma de la famille parfaite c’était un père, une mère, 3 enfants, un chien, une grande maison, un grand jardin et deux voitures.

Il ne manque que le chien.

Et de mon désir est née une réalité qui a dépassé l’image figée que je m’étais encrée dans la tête …

Concrétement, passer de 2 à 3 ça change quoi ?

La difficulté au quotidien est relative, tout dépend de la notion que nous avons de la difficulté et me concernant, je n’ai pas à me plaindre. Tout est surtout une question d’organisation et un nouvel ordre de priorités.

Par contre, d’un point de vue pratique, on ne va pas se mentir, passer d’une famille dite « classique » à une famille désormais qualifiée comme « nombreuse », voilà qui est moins évident …

Tout dans notre société semble être fait pour « deux adultes et un enfant » ou « deux adultes et deux enfants ». Quand on en a 3, on sent la troisième roue du carrosse légèrement grincer.

On s’en est aperçu lorsque nous avons réservé nos voyages pour 2017. Entre les hôtels faisant payer le prix fort pour cet enfant supplémentaire ( la théorie du bébé gratuit, c’est une bonne blague ! visiblement quand on passe à 3 enfants, elle n’est plus d’actu » ), les avions qui suivent la même politique de prix et l’obligation de se rendre dans des restaurants « familiaux », nous l’avons compris, on a passé un cap.

D’un coup, c’est comme si le monde s’acharnait à nous dire qu’il y a dans l’équation une donnée en trop.

Alors on vous le fait comprendre en creusant un trou dans votre porte-feuille mais également en vous jetant un regard tout neuf. Certains sont admiratifs, mais ils sont majoritairement plein de jugements péjoratifs !

Cette société est tellement encrée dans son confort individualiste que prendre la décision de fonder une famille et changer ses petites habitudes, de réduire ses plaisirs personnels au profit d’autres personnes que soi, fait paniquer. C’est effrayant.

Au diable les nombrilistes !

En gros, avoir 3 enfants, c’est surtout un problème d’espace et d’accommodement.

Mais c’est tellement minime comme soucis comparé à tout l’amour qu’on récolte. Je suis bien heureuse de faire un pied de nez à la normalité.

Alors oui avoir 3 enfants ça te coûtera plus cher que d’en avoir 2. C’est certain que tu dépenseras plus d’énergie et il ya fort à parier que tu reprendras un verre de vin supplémentaire à table au dîner MAIS c’est plus de « je t’aime »et d’amour.

Nous ne sommes pas des familles nombreuses.

Nous sommes des familles « pleines ».

De vie.

 

 

 

 

Mae.

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Rien ne me laissait deviner qu’en me rendant à une simple visite de contrôle, j’allais accoucher le jour même.

Nous sommes le 10 décembre quand le destin m’envoie à la clinique St Vincent. Ma gynécologue n’a pu me recevoir le jeudi précedent et me demande d’aller faire mon monitoring directement à la maternité, le samedi qui suit.

Je suis détendue, bien que atrocement fatiguée par cette fin de grossesse, quand la sage femme m’annonce qu’elle va procéder au toucher vaginal. C’est que le monito est plutôt clair, j’ai des contractions dignes d’un pic de Dantes et elle s’étonne que je ne sois pas tordue de douleur.

« Mais … Vous êtes ouverte à 4 ! Le col est raccourci …Bon, c’est pour aujourd’hui, vous ne rentrez pas chez vous ! »

A vrai dire, je n’ai réalisé la chose que lorsque j’ai eu ma fille dans les bras.

Me voilà partie pour la salle de travail, sourire aux lèvres. J’ai le temps d’embrasser chaleureusement mes enfants qui m’avaient accompagnée pour cette visite supposée être « de routine » et je charge Monsieur de les faire garder par nos ( précieux ) amis.

« Péridurale ? »

J’acquiesce dans un premier temps avant de la refuser. C’est peut-être mon dernier enfant, j’avais adoré mon accouchement sans péri pour mon fils, pourquoi ne pas remettre le couvert ? C’est l’appréhension qui m’a fait penser que j’allais peut-être en avoir besoin. J’étais comme dans un rêve. J’allais vraiment accoucher ? Alors que j’étais super en forme et que je ne ressentais aucune douleur ? Ca allait sûrement venir après … Tant pis ! Va pour un accouchement naturel. Ou du moins le plus possible.

Je suis donc restée ainsi sans trop souffrir jusqu’à être ouverte à 6. Là, tout est allé très ( trop ?) vite.

Je sens bébé descendre … Mon instinct fait que je passe un coup de fil à Monsieur parti rechercher les enfants chez nos amis pour les déposer chez notre voisine.

« Marley, faut que tu mettes la gomme. Je le sens, elle arrive ! »

« Je suis à 10 minutes de l’hôpital, je suis là »

« Je ne sais pas si je vais pouvoir att … AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH »

Je laisse littéralement tomber mon portable sur le sol, j’appuie comme une dingue sur le bouton d’appel au dessus du lit et crie après la sage femme. Celle là même qui était à mes côtés 6 ans plus tôt pour ma fille et presque 4 ans pour mon fils.

« SANDYYYYYYYYY! »

Elle débarque en trombe accompagnée d’une stagiaire, elle a à peine le temps de lever le drap quand elle m’annonce que ça va être juste pour attendre la gynécologue de garde mais elle donne l’ordre à sa collègue de l’appeler d’urgence. On file au plus vite en salle d’accouchement et là, je ne peux plus rien contrôler.

Sort alors de ma gorge un son que je n’avais jamais produit auparavant. Presque … animal et intense.

Simultanément, Marley entre dans la pièce en courant suivi de la gynécologue et j’entends le premier cri de Mae. Il a tout juste le temps d’appuyer sur le bouton de son appareil photo. On a d’ailleurs un cliché flou qui prouve la rapidité des évènements.

Doux Jésus que cette enfant est belle …

Je savoure ce moment. Tellement que j’en pleure comme une enfant. Je n’avais pas pleuré lors de mes précédents accouchements. Mais là, je suis submergée. J’ignore encore pourquoi …

On me la prend des bras pour ses soins.

J’attends la délivrance totale, l’expulsion du placenta se fait anormalement attendre. On a dépassé les 30 minutes de rigueur, je sens que quelque chose ne va pas.

Il semblerait que le placenta soit accroché à mon utérus et qu’il faille aller le décrocher. Pour se faire, il faut m’endormir complètement. La manoeuvre est, me dit-on, particulièrement douloureuse.

Je refuse catégoriquement qu’on m’endorme ! Je ne veux pas, je me débats presque. L’anesthésiste désormais dans la pièce tente de me faire entendre raison mais je ne veux rien savoir. Non, c’est non.

Je l’ai regretté.

Je pense avoir vécu la pire douleur physique qu’il est humainement possible de supporter. J’en ai même perdu connaissance.

Quand j’ai retrouvé mes esprits, l’anesthésiste m’a dit qu’ils ont eu peur, que je suis passée à côté de quelque chose. Mais je n’en avais que faire, j’ai réclamé ma fille.

Ce n’est que le lendemain que j’ai réalisé ce par quoi j’étais passée … On s’est assuré de me faire comprendre que ce n’était pas anodin. Mon mari m’a confié que la scène était impressionante, il était étonnant qu’on ne l’aie pas fait sortir d’ailleurs.

Aujourd’hui, j’essaie d’occulter ce passage pour ne garder que le meilleur : ma fille.

Bienvenue au monde, MAE Leni Ana, mon amour.

 

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Le mythe de la France « Black, blanc, beur ».

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Nous étions en 1998 quand j’ai entendu pour la première fois parler de la France « black, blanc, beur ». Une douce illusion qui nous amène aujourd’hui à nous demander où est finalement passée cette jolie France métissée ? Celle dont on vantait l’unité et la riche diversité. Elle ne semble n’avoir été qu’un mythe.
En effet, le lendemain de la victoire en Coupe du monde, les français semblaient se découvrir les uns les autres. Riches et pauvres, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes célébraient côte à côte le prestigieux trophée. La France entière s’illuminait sans se soucier de la couleur ou de la classe sociale de son voisin de palier …

Suite sur Imane magazine.