« Soumission » – Houellebecq

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La parution d’un ouvrage de Michel Houellebecq est toujours en soi, un événement. J’arrive légèrement après la guerre mais pour ce dernier opus, on peut le dire, il a fait fort : donner corps à un fantasme populaire, dans l’air du temps. Bien qu’absolument infondé à mon sens, il faut bien avouer qu’il a l’art, la manière et les lettres pour semer un trouble dont on pourrait se passer …

C’est qu’il s’approprie avec le plus grand des plaisirs un thème cher aux xénophobes les plus virulents, qui voient dans la seule présence musulmane en Europe, la preuve d’un grand remplacement.

Que ce soit un excellent roman ou un médiocre pamphlet sur le sujet, ma curiosité m’a amenée à le lire …

Roman islamophobe pour les uns, excellente satire de notre société pour les autres, il est bien difficile de ne pas se placer d’un côté ou de l’autre de la ligne de rupture que l’auteur a tendue, comme un piège. D’autant que, soyons honnêtes, la com’ de l’oeuvre a fait de toute évidence plus grand bruit que le contenu lui-même et c’est bien là le problème !

Un livre d’un auteur aussi connu a deux vies. L’une est purement médiatique. La très grande majorité des citoyens qui ont entendu parler du livre  » comprennent  » qu’il évoque une France soumise à la charia, dans sept ans. Seuls les lecteurs de l’ouvrage auront une idée plus nuancée. Soit, au mieux, quelques centaines de milliers de personnes. D’où la question de la responsabilité de l’auteur : l’idée de promouvoir un livre qui part du principe que l’Islam puisse gouverner la France à plus ou moins courte échéance est islamophobe en elle-même, parce qu’elle ne correspond à rien d’autre qu’à un fantasme qui effraie : à Bruxelles, une ville qui compterait un quart de musulmans aujourd’hui, le seul parti islamiste, Islam, n’a recueilli, aux dernières élections, que 1,5 % des voix sur l’ensemble de l’électorat (francophone et néerlandophone). Soit un peu plus de 6.000 personnes. Or, dans Soumission, en 2022, la Belgique sera, comme la France, dirigée par les islamistes (modérés) ! Cela impliquerait tout de même que tous les musulmans belges votent pour eux, mais aussi que la bagatelle de 80 % des électeurs pro-islam soient …

Houellebecq a beau se défendre en disant qu’il est très peu probable que ça arrive en 2022, il a néanmoins choisi cette date-là dans son livre. Cette potentialité à si brève échéance satisfaisait immanquablement les fantasmes de certains excités et adoube les peurs d’un petit tiers des citoyens. En soi, alimenter la peur de l’Islam ou des musulmans, c’est une forme d’Islamophobie. Michel Houellebecq a choisi ce thème, il en a choisi les articulations et non, la liberté de l’artiste ne l’exempte pas de responsabilité. Il est en effet libre de publier ce qu’il veut, mais il est responsable de ses effets, particulièrement quand il choisit un angle aussi sulfureux.

Chacun se fait son idée de la littérature. Il y a des auteurs qui écrivent pour faire avancer une idée, dénoncer une injustice, changer le monde, imposer une philosophie. Il y a ceux qui plongent plus légèrement leurs lecteurs dans une aventure sentimentale, policière, une épopée surréaliste ou extra-terrestre où la fin est incertaine tant qu’on n’en possède pas les clés. Soumission n’est d’aucune de ces catégories-là. Mais puisque not’ Michel ne cherchait pas une révélation à soumettre au lecteur, ni la mobilisation de ses émotions, il aurait pu être analytique, partir de l’idée d’une France islamisée, puisque l’idée est dans l’air, pourquoi ne pas l’explorer vraiment (? ), et tenter de la décrire intelligemment. Oui, mais pour un tel exercice, il eût fallu s’en tenir à un minimum d’honnêteté intellectuelle, et par ailleurs, s’informer un chouïa. Ce que Houellebecq n’a visiblement pas eu envie de faire.

Mon avis est que « Soumission » est une farce. Il faut dire qu’il a commis une erreur médiatique en déclarant que c’était « un roman  » : ce n’est pas du tout un roman, mais bien une farce, au sens littéraire du terme. Ce livre est un exercice de dérision plutôt surréaliste, basé sur les fantasmes, souffrances, errements de l’auteur. Cet angle change complètement la donne. Complètement !

Ce bouquin est donc juste une farce moyennement bien construite, une épopée fantasque sans souffle et sans fantasmagorie. L’errance d’un misogyne désabusé (mais on n’avait pas besoin d’Huysmans et de l’Islam pour ça), une satire politique dénuée de toute finesse et de toute nuance, les deux choses qui rendent justement la critique politique intéressante. Tout ceci serait encore dégustable comme un caprice des Dieux dévoré seul et sans la plage ni cocotiers, si l’auteur s’était informé un tout petit peu plutôt que d’énoncer des poncifs convenus. Soumission est aussi un amas d’incohérences et de hasards préfabriqués sans pour autant qu’il y ait un univers vraiment fantasque. Bref, cet ouvrage est beaucoup de choses, sauf un bon roman. Ce n’est même pas un livre honteusement entaché d’islamophobie. Il y en a bien un peu, mais si commune qu’elle ne vaut même pas la peine d’être relevée. Au final, on referme Soumission sans même avoir de quoi détester Houellebecq, ni de quoi l’aduler non plus, juste de quoi se dire qu’on ne voudrait pas avoir sa vision du monde. Une croix pareille, ça ne doit pas être facile à porter tous les jours.

Mais au fond, je suis de mauvaise foi. Insoumise en tout, je n’allais de toute façon pas me soumettre à cette Soumission-là !

« La barbe qui cache la forêt » – L.Alidovich

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Des essais / bouquins écrits par des musulmans pour des musulmans, j’en ai beaucoup lu. En tant qu’agnostique, j’avais à la lecture une constante impression qu’on ne s’adressait pas foncièrement à ma personne. J’apprenais de l’autre. Un autre différent de moi …

C’est donc avec la même appréhension que je me suis engagée à lire cet essai proposé par ma copi-net Jenny, qui se lance dans une toute jeune ( mais non moins prometteuse ) maison d’édition. Les éditions Thésée.

Il existe une problématique. Une problématique qui, en théorie, devrait nous concerner tous.

Il y a ici une volonté soutenue d’informer, de façon riche et juste, celui ou celle qui pourrait être dans le brouillard. Et nous ne parlons pas de foi mais bien de société. Si évidemment la religion musulmane tient lieu de décor de fond, nous sommes TOUS peu importe nos horizons, acteurs de la forme.

En toute simplicité, avec des mots très justement choisis et posés, l’auteur nous propose des clés de compréhension face un injuste mal-être qui puise son incontrôlable puissance dans un capitalisme ayant outrepassé les frontières du raisonnable. Et ce, depuis trop longtemps …

Encore une fois, peu importe nos croyances ou non, nous sommes forcés de constater que les cartes de nos valeurs et nos priorités ont été redistribuées, créant ainsi des conflits identitaires sans précédents.

La clé de la réconciliation des peuples se trouverait-elle au creux d’une  « philosophie des lumières » oubliée ? Aldich-le-clairvoyant, le suggère … Car pour mettre fin à la guerre des religions, guerres civiles désocialisatrices par excellence, il faudrait canaliser les sources de discordes entre les gens.

« Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » disait Voltaire. C’est donc la prospérité économique qui assurerait la paix et le bonheur …

J’y crois. En partie.

Parce qu’il est vrai que le capitalisme souhaitent des individus isolés, il est donc presque logique que le fait d’appartenir à une communauté soit dévalorisé et cela au profit d’une uniformisation généralisée. On cherche à faire de l’économie, une unique identité.

Uniformiser les individus = avènement de la laïcité. Non, pas la belle laïcité en tant que idéal de paix mais bien comme RELIGION commune. Vous comprenez la nuance ?

Je ne peux que conseiller cet essai qui se veut honnête et informatif en plus d’être dénonciateur. Il est courageux de le faire … Et lire « La barbe qui cache la forêt » c’est un peu apporter sa contribution à la dénonciation d’une manipulation qui doit cesser …

Commençons par une prise de conscience.

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage sur le site des éditions Thésée en cliquant ici ou format kindle ici.

Vendredi lecture : LONDRES en bus.

On lit énormément.
Je ne parle pas toujours de mes lectures ou de celles des enfants parce que nous lisons des choses relativement classiques. Cependant, il arrive que l’on tombe sur des pépites. Et rayon jeunesse, je demande LONDRES EN BUS !
Je cherchais un livre qui puisse mettre en pratique la théorie, une sorte d’interactivité littéraire … Et j’ai cherché jusqu’à tomber sur les éditions USBORNE.
Le livre que je m’apprête à vous détailler n’est pas un livre ordinaire …
Grâce à son petit bus londonien, l’enfant parcourt la ville en mémorisant les monuments principaux de la capitale. On remonte la mécanique et en voiture Simone ! Les pages cartonnées offrent un petit circuit sympa qui donne la possibilité à l’enfant de visiter de manière originale Londres mais pas seulement …
En effet, le livre est également un puzzle !
On détache, on assemble …
Et c’est reparti pour un tour !
On a cette fois-ci, une vision plus vaste et entière de la ville.

Il est indéniablement le livre préféré de Noa qui connaît pourtant Londres par coeur ! C’est avec fierté qu’elle situe London Eye, la Tamise, le Parlement, … sous les yeux admiratifs d’un petit frère curieux et amusé par le bus d’un rouge flamboyant !

Pratique, ludique, magnifique … Les illustrations sont très jolies, colorées et il me plaît tout comme eux de le manipuler.

Et pour ne rien gâcher, cette petite merveille est à un prix vraiment abordable : 19€, disponible sur AMAZON.

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Mansfield Park – Jane Austen

En tant que libraire, on m’a souvent demandé quel était mon ouvrage préféré … C’est une question à laquelle je n’ai jamais su quoi répondre. C’est que j’en ai lu des romans … Et aucun d’entre eux ne s’est vraiment démarqué plus qu’un autre. J’ai trouvé « L’homme et la mer » d’E. Hemingway magnifique mais « Le Blé en herbe » de Colette m’a tout autant transcendé qu’un Agatha Christie.
On lit avec son coeur et un état d’esprit propre au moment, ainsi une lecture n’est jamais vraiment la même suivant les différentes époques où on l’on parcourt pourtant les mêmes lignes …

Tout ça c’était jusqu’à ce que je lise MANSFIELD PARK. Ou plutôt, jusqu’à ce que je relise Mansfield Park.
Mon amour pour les oeuvres de Jane Austen ne date pas d’hier, j’avais donc déjà lu le roman parmi d’autres dans mes plus jeunes années. A l’époque déjà, il faisait écho en moi mais je n’étais pas assez femme pour comprendre ce que je comprends aujourd’hui. De toutes les héroïnes d’Austen, seule Fanny me parle à ce point, j’aurais pu être elle. Tout s’y prête à la virgule près.

Une femme qui observe, résiste et ne transige pas.

On dit que ce roman était l’une des oeuvres majeures de la littérature occidentale, l’une des premières à se pencher sur la personnalité au sens moderne du terme. Jane y excelle à confronter diverses sphères sociales, à peindre des personnages dont les qualités ne sont qu’un vernis.

Cet ouvrage va bien plus en profondeur que les autres, Austen s’attache ici à montrer, à l’état nu, la contrainte imposée par la société, elle la montre dans son aspect négatif, dans toute la force de la répression. Il n’y a pas d’autre oeuvre de génie pour parler de façon si juste en faveur de la contrainte  voire même de l’ennui !

Divertir, certainement, instruire plus encore ; le livre porte en majeur partie sur l’éducation. On y critique avec vigueur les valeurs du monde moderne ce qui en fait un livre utile autant qu’attrayant.

Ce que j’aime particulièrement c’est l’insipidité qui se dégage de Fanny. On ne s’y attache pas. Parce que, les déboires et sa misérable vie mis entre parenthèses, elle n’a rien d’attachant Fanny. Sauf que sans s’en rendre compte au fil des pages, on est forcé d’assister à la métamorphose d’une chenille en papillon. Si bien qu’une fois le livre fermé, on envie Fanny.

C’est ce qui la démarque des autres premiers rôles féminins littéraires de Jane, qui nous a habitué à de fortes personnalités sans grandes évolutions. Des femmes fortes, incertaines, c’est vrai, mais qui toujours retrouvent un chemin … Fanny commet des erreurs. Fanny ne fait que des erreurs à vouloir bien faire. Et comme souvent chez Austen, c’est dans le brouillard absolu d’une vie parsemée d’embûches qu’on finit par entrevoir quelques mains qui ont toujours été là. Là naît alors le dilemme austenien, celui du choix. Le coeur ou la raison ?

Bref, Mansfield Park est mon roman préféré.

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Voulez-vous tuer avec moi ce soir – Céline DENJEAN




Résumé :

A Toulouse, la police assiste impuissante au massacre en série du « tueur du vendredi » qui s’en prend depuis plusieurs mois à des prostituées, toujours le vendredi. Ce meurtrier, c’est Marcel, un insoupçonnable contrôleur de bus à la vie sans histoires. Maniaque et obsessionnel, il suit jour après jour, et à la minute près, une routine bien huilée. Ses ennemies ? Les femmes, les indécentes, les décadentes, les provocantes …


Well, Well, Well,

Voilà un polar atypique qui m’a été conseillé par ma copi-net Saadia et je la remercie, j’ai beaucoup aimé.
Avec une intrigue bien rodée, l’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin, difficile de s’arrêter !

Ce qui fait la force de ce roman c’est qu’il nous offre une toute autre approche de ce dont nous avons l’habitude d’avoir, nous sommes tout au long du récit dans la tête du tueur qui pourrait très bien être votre voisin, c’est un régal !

Chaque personnage y est travaillé, fuselé, ciselé, …

Ecriture fluide, lecture facile, les amateurs de thriller y trouveront leur compte, c’est certain, mais les autres aussi. Du grand art dans un français IMPECCABLE !

C’est un premier roman qui en appelle d’autres et je m’en réjouis, vraiment.

Ceci étant dit, je vous mets en garde … Une fois les premières pages lues, il est bien difficile de décrocher … Je vous promets un grand moment de lecture, un achat qu’on ne regrette pas.

Editions Nouvelles Plumes, 2014
Prix : environ 10€ ( AMAZON )

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Il est de retour – Timur Vermes

A Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s’emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise… Hitler est ravi qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l’estocade qui lui permettra d’accomplir enfin ce qu’il n’avait pu achever…

Décor planté.

On ne va pas se mentir, il m’a fait de l’oeil ce bouquin. Souvent manipulé lors de mes descentes en librairies, j’ai lu et relu la quatrième en me tâtant … C’est que ma PAL ( pile à lire pour les débutants ) chante avec les étoiles donc il y avait de quoi hésiter. Mais lui, LUI, il m’a donné envie de le lire. Un petit craquage en chopant les livres de lecture mensuels des kids plus tard … Et je l’ai dévoré en 3 jours !

Etonnée par les avis peu unanimes, j’ai vite compris où était le soucis une fois la lecture achevée. « Il est de retour » est audacieux tant par son décalage complet dans la narration mais surtout par son sujet.
Timur Vernes est étonnant et original à la fois dans sa façon de parler de Hitler !

Le ton est léger, sans grands discours, pourtant notre esprit est entraîné malgré lui, page après page … Notre curiosité est titillée et l’émotion s’installe. Néanmoins, si il y a des passages passionnants, CAPTIVANTS même, ils en côtoient d’autres un peu trop plats. Un gros bémol …

Cependant, la personnalité de Hitler retient l’attention, sa montée en puissance est dépeinte avec des malentendus, des quiproquos, des admirateurs. Le personnage n’a rien perdu de ses idées nazies, rien n’a étiolé ses pensées, ses désirs. Il est le même. Le regard satirique subjugue dans son interrogation du rôle de chacun dans l’arrivée au pouvoir d’un être comme Adolf Hitler. On est ainsi rendu à l’évidence ; Malgré les faits du passé, malgré la souffrance, malgré les actes, le contexte pourrait revoir le jour si la mèche était rallumée. Une conclusion, malheureusement, tout à fait d’actualité … Les dangers subsistent plus ou moins dans l’ombre. Une réflexion amenée sur la table avec une pointe d’humour …

« Il est de retour » propose donc un récit à la première personne, conté dans les chaussures d’un homme dur, complexe, déroutant, ironique par dessus tout. On referme le bouquin avec l’immense envie de crier au scandale, comment peut-on nous laisser ainsi ?! Que devient Hitler après les dernières lignes ? Qu’advient-il de sa « nouvelle » propagande ?

Une suite au programme, Monsieur Vermes ?

Note globale … 7,5/10

Prochaine critique littéraire : « Voulez-vous tuer avec moi ce soir ? » de Céline Denjean

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Mein Kampf ( Mon combat ) – Adolf Hitler

« Mein kampf  » est un ouvrage rédigé par Adolf Hitler entre 1924 et 1925 pendant sa détention à la prison de Landsberg, suite au putsch de la Brasserie, un coup d’état manqué. C’est un concentré d’éléments autobiographiques, d’idéologies nazies et diverses réflexions sur la propagande ou encore l’art oratoire.

« Mein Kampf » j’en avais brièvement entendu parler lorsqu’en début d’études secondaires nous avions abordé la deuxième guerre mondiale. Bien évidemment, son existence n’a été que mentionnée, limite murmurée … Ca aura suffit à attiser ma curiosité …

A l’époque, je l’avais demandé à la bibliothèque de ma ville. On m’a carrément répondu d’un ton sec et catégorique que non seulement ce n’était pas un ouvrage pour moi, mais qu’en plus, ils ne le possédaient pas.
Je me disais déjà alors que si c’était ce genre de réponses que l’on donnait aux adorateurs de feu le Führer, pas étonnant d’y trouver limite de l’excitation à se le procurer. Dangereux …

Comme à cette époque j’avais une complicité sans faille avec mon géniteur, je lui en ai parlé. Et aujourd’hui, je mesure la chance d’avoir eu l’espace de quelques temps un Papa juste hyper intelligent et cultivé parce qu’il m’a fait un exposé de 3h sur la question.
Il m’a mise en garde, il m’a préparée, mais JAMAIS il ne m’a interdit de le lire …

Adolescente, j’avais bien d’autres chats à fouetter que de me procurer un livre interdit, j’ai donc vite abandonné l’idée. Idée qui m’est revenue que trop récemment avec l’air d’un temps moderne qui voit l’antisémitisme, le RACISME tout court d’ailleurs, prendre des proportions à considérer.

J’ai donc demandé autour de moi qui avait le dit ouvrage avant d’opter pour le format EPUB à télécharger sur ma liseuse. Pourquoi ? Par acquis de conscience. Parce qu’il n’y a rien à faire. Nous avons bon être préparés, il reste comme un goût amer à l’âme avec un questionnement permanent …

 » Par respect pour la Shoah, pour tout ce qu’il s’est passé … Ai-je le droit de lire MEIN KAMPF ? »

Je l’ai lu. J’ai lu chaque mot.
J’ai pleuré. J’ai ri devant de la bêtise avant d’achever le bouquin sur une note de terreur …

Parce que ce livre, il a trop d’échos. J’ai été étonnée d’y retrouver des phrases prononcées de nos jours par des politiciens que l’on pense bons et justes. Hitler aussi a eu des allures de bon et juste à une époque … Il a dupé le peuple jusqu’à se mettre du côté des socialistes et à prôner des valeurs qui n’étaient pas siennes pour arriver à ses fins …

Comment un homme qui n’était rien est-il devenu chancelier d’Allemagne en si peu de temps ?!
Hitler était diaboliquement intelligent. Et il me coûte de l’admettre.
Comme il me coûte de vous le conseiller …

Mein Kampf DOIT être lu. Mais pas par n’importe qui. C’est un ouvrage si dur, qu’il faut des outils, des armes face à cela … Cela demande une préparation, un conditionnement. Je le conseille aux passionnés d’Histoire et aux curieux de la psychologie, de l’analyse. Je le conseille aux esprits amoureux de la réflexion, aux personnes qui savent prendre énormément de recul.

Si vous pensez que le lire est choquant, l’occulter l’est bien davantage. On ne peut pas oublier CA.
Nous avons besoin de savoir, de sonder l’esprit du mal en personne afin que ça n’arrive plus jamais. Parce que je vous le jure, après MEIN KAMPF, on reconsidère les discours d’aujourd’hui.

Historiquement parlant l’ouvrage est riche. Il doit être considéré d’autant plus que le Monde a changé depuis Hitler, l’art de la guerre a été revisité …

L’unique danger réside dans le fait que Hitler était un génie ( pas tout juste dans sa tête, nous sommes d’accord ! ), un excellent orateur, sa parole est une berceuse … Avec une certaine candeur parfois, Hitler était un séducteur. Et tout ceci se ressent à la simple lecture de Mein Kampf, raison pour laquelle il ne doit pas être lu par un imbécile …

Rendez vous compte que ces atrocités ont été commises par UN SEUL homme ? UN ?
Il a réussi à se faire aimer par des millions de gens qui n’étaient pas mauvais à la base … Même dans les dictatures dont nous sommes contemporains aucun autre « homme » n’est parvenu à convaincre comme il l’a fait. PERSONNE.

MEIN KAMPF.
Je dis qu’il est INDIGESTE mais INDISPENSABLE.
Je ne dis pas que vous mourrez con de ne l’avoir point lu, je dis qu’il faut connaître son ennemi.
Même mort.
Il est plus qu’important de savoir qu’un HOMME est capable du pire.
Parce qu’il n’était pas un monstre, une bête. Non. Il était un homme fait de chair et d’os, comme vous et moi.

Côté édition, si il est facilement disponible sous format EPUB et PDF, je l’ai trouvé version papier chez un bouquiniste de bord de Seine à un prix EXORBITANT !
Je n’ai cependant pas rechigner devant le prix parce que même si il ne s’agissait de la version la plus ancienne, c’est celle de 1938 disponible EN ANGLAIS … Sinon il existe la version de 2008 aux Nouvelles éditions latines, format de luxe. Et ils possèdent les droits exclusifs jusqu’en 2015.

Il est important de le mentionner : la version française est épurée. J’ai fait un bref comparatif avec ma version anglaise et il manque pas mal de passage … Les éditions ne disent rien sur le sujet …
Mais, au moins je vous ai prévenu.

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