Je suis belge.

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« Salut ! Ca va, je décolle bientôt, je suis chez Starbucks. Je prends un macchiato à ta santé ah ah Bisous à Marley et aux enfants ! »

Ou comment j’ai failli perdre quelqu’un d’important, aujourd’hui.

Nous sommes Mardi 22 Mars 2016.

Je me lève angoissée … Le boulot me prend trop d’énergie positive, j’ai des inquiétudes de maman, des projets qui tardent à se concrétiser et surtout je dois appeler ma mère.

C’est son anniversaire et le moindre que l’on puisse dire c’est que le 22 Mars, j’ai toujours le coeur mi-figue, mi-raisin … Je remets systématiquement en question notre relation mère fille avec tout le manque de recul qui me caractérise quand il s’agit de ma mère.

C’est probablement pour cela que j’ai plutôt saisi mon téléphone afin de prendre des nouvelles d’une autre personne …

« Fais bon voyage ! Prudence et n’oublie pas de m’envoyer une carte, je t’envie ! »

Le temps d’un café, j’ouvre Twitter et presque simultanément mon portable vibre.

Je revois mon mari dans l’entrée penché sur son téléphone …

« Jess … »

Son bureau l’a contacté, ils veulent s’assurer que leurs managers n’étaient pas sur le site de Bruxelles.

Je panique et tente de joindre notre proche à l’aéroport qui ne tarde pas à nous répondre.

« J’étais là. J’étais là. j’étais … juste là. J’ai vu … j’étais là. Le sang, les gens … »

J’ai eu peur.Une fois de plus, le terrorisme m’a terrorisée l’espace de quelques secondes, toujours.

La première fois était le 11 Septembre 2001, je revenais de New York.

Je m’octroie des secondes d’égarement, des raccourcis, une colère, des injures, le temps de m’assurer que quelques amis bruxellois aillent bien.

Mais il faut impérativement revenir à la raison …

Respirer à fond et puis recommencer à penser.

Bien évidemment, de prime, je pense aux victimes …

Il me vaut d’être souvent malmenée sur la toile mais je le répète sans relâche, je pense également à mes amis musulmans. Je pense à Zeineb. Je pense … à VOUS.

Je ressens à chaque fois le besoin profond d’envoyer un message à mon amie voilée.

« Je t’aime. Sache-le »

Parce que c’est important. C’est essentiel. C’est ma façon à moi de lutter contre le terrorisme.

A chaque coup de grâce, je tisse un lien plus fort que jamais vers la différence. C’est l’unique solution qui trouve grâce à mes yeux.

Il est hors de question qu’en plus de prendre des vies, le terrorisme tienne en otage ce qu’il y a de meilleur en nous.

J’ai oublié l’anniversaire de ma mère.

Et le terrorisme n’y peut rien.

10 ans.

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C’était un 14 Mars aux alentours de 17h.

Assis à mes côtés, je ne le savais pas mais j’apprendrai plus tard que notre histoire avait déjà commencé.

De tes intentions approximatives, de ta galanterie désuète à ces mots prononcés avec incertitude, je suis tombée amoureuse. On tombe facilement amoureuse quand on n’a pas connu tant d’hommes.

Tu ne m’auras pas facilement impressionnée toi qui a pourtant séduit tant de connes …

Hein ?

De ce jour où nous avons refait pour la première fois le monde à cet instant où j’écris ces mots, tu as fait chavirer la caravelle de mon existence.

On a bien failli, à un moment, déplorer un naufrage  mais Capitaine, ô mon Capitaine, tu sais tenir la barre quand la tempête se veut houleuse et menaçante.

 

Je n’arrive pas à réaliser que 10 années sont passées.

Si on m’avait dit ce 14 Mars 2006 aux alentours de 17h que ce grand jeune homme complètement gauche et visiblement en quête d’identité deviendrait mon mari, qu’il serait le père de mes enfants et qu’il deviendrait quelqu’un d’important, je ne l’aurais pas cru. Au grand jamais.

10 ans …

« Je suis très émue de vous dire que j’ai bien compris l’autre soir que vous aviez toujours une envie folle de me faire danser. Je garde le souvenir de votre baiser et je voudrais bien que ce soit là une preuve que je puisse être aimée par vous. Je suis prête à vous montrer mon affection toute désintéressée et sans calcul, et si vous voulez me voir aussi vous dévoiler sans artifice mon âme toute nue, venez me faire une visite. »

George Sand à Alfred Musset.

 

 

 

 

L’empathie des ténèbres …

Les ombres aux murs dansent sur le souffle du vent.

Il est 2h.

Je veille.

Les yeux grands ouverts dans le noir, je suis tétanisée. Je ne parviens à bouger aucun membre de ce corps engourdi … Je ne ressens pas de présence hostile, tel un esprit malveillant, mais bien un univers. Chaque matière appartenant au monde réel s’est assombri et me menace. Mes jambes sont glacées, je sens une pression sur ma poitrine avant de s’emparer de ma gorge. J’ai des difficultés à respirer et je peine à appeler à l’aide. La volonté est forte mais c’est physiquement impossible … C’est comme si mon corps sommeillait sans inquiètude et que mon esprit était en éveil.

Alors avec tout ce qu’il me reste de raison, je tente l’évasion … Je rêve de repères. Car vraisemblablement, l’obscurité m’en prive et j’en ai besoin.

Il me suffit de penser à mes enfants et j’ai alors le courage de traverser la chambre pour activer la lumière du couloir.

Cela fait 10 ans que je partage le lit d’un homme, mon mari. 10 ans qu’il est impossible de me connecter à lui quand, par accident, il oublie de laisser la lumière du couloir …

Seule dans le noir, l’enfant en moi qui n’a jamais été rassuré, appelle sa mère.

Une mère qui ne viendra probablement jamais.

Une enfant aura donc toujours peur du noir.

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L’inspiration peut-elle naître d’un récit à deux voix ?

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Une fois, j’étais quelque part, j’y ai vu quelqu’un et on a dit des trucs …

Tu comprends, je suis fatiguée de courir après les mots toute la sainte journée. Je sais bien que si je reste là, que je ne bouge pas, que je ne cherche pas, ils viendront tout seul.

Et s’ils ne venaient pas ?

Mais si voyons, ils viendront.

Et s’ils ne venaient pas et que tu restais seule ?

Alors j’irai quelque part, je verrai quelqu’un et on ne se dira rien.

Oui … C’est bien aussi.

Quand une maman ne travaille pas, dans sa tête, elle n’est jamais en congé.

11035467_373341789518571_1159810725752735015_nTout le paradoxe est là.
Quand j’étais maman au foyer, je n’avais absolument aucune notion du mode « maman en pause » sur ON. Seule la reprise du travail m’a permis de considérer cela avec un immense étonnement … Au boulot, je suis en pause. Je reprends mon travail en sortant du bureau. C’est assez drôle comme sensation d’autant plus quand on a connu l’inverse.
L’immense avantage est la considération de la famille. Et ce, en tout sens. Je mesure véritablement l’importance du temps passé avec eux et ils comprennent que le temps que l’on passe ensemble est désormais précieux.
Alors, bien évidemment, si « travail » et « maman » paraissent incompatibles, c’est surtout parce qu’il y a d’une part une organisation titanesque et d’une autre part un aspect professionnel à relativiser.

Alors qu’il y a encore quelques mois, je faisais l’apologie de la mère à la maison, je peux en toute honnêteté avouer aujourd’hui que je n’avais pas entièrement raison. Je suis toujours séduite par le profil de la mère Ingalls, j’en rêve et si un troisième enfant voit le jour au sein de notre tribu, je réitérerai plus que probablement l’expérience de rester à la maison quelques temps … Néanmoins, il est important de revisiter quelques unes de mes positions.

Retravailler ? Par quoi étais-je motivée ?
Je suis une maman, de manière viscérale.
Je suis une épouse dévouée, sans faille.
Sur ces deux plans, je connais ma valeur et ma contribution personnelle. Mais j’avais envie de connaître ma valeur et le degré de ma contribution au-delà de mes barrières de sécurité … Quand on a été pendant quelques années cataloguée de mère exclusive, on a humainement envie de prouver, à soi-même d’abord, qu’on peut être autre chose.
Et ce fût ma motivation première.

Les débuts furent chaotiques … Pour la simple bonne raison que j’ai recommencé avec un temps plein à un poste qui ne me plaisait pas du tout. J’ai vu les choses en grand et un excès de confiance en moi m’a fait tomber dans une invivable routine. Malgré le réconfort apporté par moult mamans travailleuses, mes enfants me manquaient cruellement au point de n’être qu’une déprime sur deux jambes. Je me haïssais de faire subir cela aux miens …

Au final, j’ai refusé un poste à responsabilités et plus que bien rémunéré, pour un équilibre.

Aujourd’hui, j’ai un job taillé sur mesure pour la mère que je suis. J’ai un bureau, un horaire on ne peut plus léger, je vois mes enfants et je leur accorde un temps de qualité.

Parce que, j’ai bon analyser la chose sous tous les angles, j’ignore comment il est possible de passer du temps de qualité lorsqu’on preste un temps plein. En tout cas, moi je n’y parviens pas. J’ai besoin d’être reposée et concentrée pour leur inculquer des valeurs, jouer, apprendre des choses et leur accorder toute l’attention dont ils ont besoin. J’ai également besoin de cela pour assurer mon rôle d’équilibriste. Parce qu’être mère, épouse, amie et bosser est incontestablement l’un des plus fabuleux numéros d’équilibre que j’ai jamais fait jusqu’à présent.

Un véritable défi personnel qui me donne une satisfaction et un bien-être certain, outre mesure.

Je suis à nouveau dans le monde professionnel de manière stable et j’ai comme superbe qualité d’être mère. Ce qui me donne une vision différente des choses. J’ai des attentes et des priorités qui ne sont plus les mêmes … Sans parler de mes nouveaux supers pouvoirs comme arriver à l’heure voire même en avance. Je suis également souriante malgré les nuits courtes, et j’ai des « to do list » du tonnerre !

Je suis donc comblée en amour, en tant que mère et enfin professionnellement.

Il ne manque plus qu’un monde en paix et je serai au paroxysme du bonheur absolu.

Mais ça … C’est une autre histoire …

Madame rend visite à Mademoiselle.

551510_604028626399705_2382989040547428686_nElle ne parle pas ; elle gueule. Et se marre, en faisant des tourbillons avec ses bras, crayon au bec, face à cet autre qui ne peut en placer une mais qui s’amuse franchement de ses tranches de vie narrées comme des sketches. On profite de la douceur du soleil de fin d’hiver autour d’une table où trônent quelques bouteilles de vin vides et d’autres qui s’apprêtent à l’être, toutes à sa portée de main.  Elle dit qu’elle est heureuse comme jamais. A sa façon peut-être, c’est à dire entre deux assombrissements. Mais je ne suis pas là pour lui faire la morale, ni même pour m’inquiéter : elle ne le supporterait pas. Je ne lui ferai pas non plus remarquer que je saisis parfois dans son regard le désespoir des clowns tristes : elle déteste les clichés … Il faudra prendre plusieurs fois un ton sévèrement insistant pour arriver à l’extirper de ses divagations et la caler dans une pièce silencieuse. Il faut qu’on parle. « Ok, ok, futur moi … je te suis » en chantant. Mais une fois la porte fermée derrière elle, une autre jeune femme apparaît, qui se prend souvent la tête entre les mains, se frotte le crâne pour mieux réfléchir et ne se tait jamais. C’est une bavarde dans la veine surréaliste, faussement brouillon et foncièrement brillante, dévoreuse de livres, passionnée de tout, fan d’un autre temps. Elle est capable, dans ses pires moments, de lier la finesse de l’esprit à la grossièreté du geste.

Du genre à élaborer une profonde réflexion sur l’immortalité du couple en beuglant depuis les toilettes où, la porte ouverte, elle déverse les 5 derniers pichets d’un succulent rouge. Excessive, elle pourrait écoeurer, outrer ou épuiser.

Mais ce serait rester à la surface et refuser de voir le fond, déchirant.

Mademoiselle est celle qui ne voulait pas d’attaches par craindre de mettre quelqu’un dans l’embarras.

Madame n’a guère changé.

 

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Le couple, un OVNI ?

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Nous étions invités hier, mon mari et moi, chez des amis . A la table, 3 autres couples dont nos hôtes … De bavardages en bavardages, j’étais dans l’obligation de me rendre à une certaine évidence :  les couples heureux ne sont pas pléthore … Chacun rêve de vivre le grand amour  et peu semblent y parvenir.

A l’époque de nos parents, le couple en tant que modèle social ne se discutait pas. Aujourd’hui, le monde a changé , on ne fait plus confiance aux institutions . Comment pourrait-on alors encore faire confiance au couple ?  Dans une culture qui valorise l’épanouissement individuel, le statut de célibataire paraîtrait presque plus enviable.  Aux solos, la liberté, la possibilité de s’accomplir vraiment, sans être entravés par le carcan du mariage … Les célibataires ne songent qu’à trouver l’âme soeur tout en prétendant savourer leur solitude. Et aux couples, les longues soirées entre filles qui exposent leurs difficultés avec leur moitié quand ces messieurs ne fuient pas dans les jeux vidéos  ou le travail ( entre autres ) … Peu sont ceux et celles qui assument l’importance du couple, comme si y croire était une preuve de naïveté.

Les gens se rencontrent. Passé le premier rendez-vous, chacun reste dans une posture prudente, par peur de s’emballer trop vite. On reste indéfiniment en période d’essai et ça affadit tout. L’idée même d’engagement fait peur. Et pas seulement à la gent masculine. C’est comme si les femmes d’aujourd’hui craignaient de s’accommoder à un mode de vie qui a « enfermé » leurs mères et leurs grands-mères. Les couples se forment malgré tout mais peinent à s’affranchir du règne de la peur, de l’appréhension. Peur de faire le mauvais choix, de devoir renoncer à leur liberté. Peur surtout d’un amour qui ne durerait pas. On cherche à souffrir le moins possible et on ne prend plus le risque nécessaire pour vivre de belles histoires.

Pourquoi le couple est-il devenu une affaire si compliquée ? Est ce parce qu’on en attend trop ?

Je pense que oui. On en attend trop de l’autre et pas assez de soi-même. On se met en quête de la bonne personne pour soi, sans penser être la bonne personne pour l’autre. Mais l’amour se niche dans l’altérité, dans ce qui chez l’autre diffère complètement de nous et demeure mystérieux …

Et puis, notre époque ne nous donne pas l’occasion de consacrer le temps nécessaire au couple. La pression du travail par exemple, change le sens des priorités. Face à un avenir incertain, le court terme remporte la palme. On ne se projette plus et cette absence de vision commune prive le couple d’une ressource à mon sens, bien cruciale …

S’ajoute à cela le besoin d’intensité orchestré par une société de consommation et audiovisuelle qui n’aide pas à penser que l’inévitable routine n’est pas foncièrement un signe d’échec dans une vie à deux. Or les moments d’ennui sont précieux ! Sans eux, comment prendre considérablement conscience qu’il faut renouveler sa créativité ? Mais lorsqu’ils surviennent nous sommes plus tentés de fuir … On cherche à se divertir ailleurs.

Le couple est pour moi le lieu d’un bonheur à nul autre pareil … A condition de savoir à quoi s’en tenir. Partir quand les soucis arrivent, c’est ne pas se donner la chance de connaître l’amour, le vrai. Celui qui s’enrichit et se renforce au fil des années . Cet amour qui nous fait aimer l’autre pour ce qu’il est … Il nous donne le bonheur de vivre avec son meilleur ami, celui qui ne nous donne nul autre choix que d’être nous. Et alors seulement, on a ce sentiment d’être plus forts et plus libres à deux .

Seules les personnes qui ne connaissent pas cela ont le sentiment certain que le célibat est la meilleure des situations.

Forcément.

 

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